de la littérature, de l'humour, des randos, du cinéma et un peu d'actualité sans langue de bois
Sur cette place d’Auroville, cité utopique, sur les bords du golfe du Bengale, un banian bicentenaire se dresse, fier.
Je construis une simple cabane en bois dans les frondaisons de cet arbre qui a connu les Tamouls dravidiens, les Anglais hautains, les Français naïfs, la colonisation et la liberté.
Accoudé à une haute branche je contemple les maisons resplendissantes des occidentaux venus édifier leur cité sur les conseils de La Mère, la compagne de Sri Aurobindo. Je contemple les enfants tamouls qui jouent sur la place mais qui ne se mélangent pas avec les enfants des blancs.
Je regarde le résultat de l’utopie et, encore une fois, l’échec dérange. Les différences de niveau social sont tellement marquées, la ségrégation tellement apparente que je décide de quitter le banian et, me vêtant d’un simple lunghi, je pars aider à récolter le riz.