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Vous allez me dire que cela commence à bien faire. Encore Amélie Nothomb ? Que voulez-vous, je n’ai pas encore lu toutes ses publications qui, à chaque rentrée littéraire, avec la régularité d’un coucou suisse, inonde les devantures des libraires.
Comme annoncé dans le titre du roman (ou d’une nouvelle diront certains que la grosseur des caractères incitent à considérer comme un ouvrage pour amblyopes), Amélie Nothomb l’affirme « La faim c’est moi ».
La romancière, à la première personne, raconte son enfance et son adolescence, du point de vue singulier de la faim. Nous parcourons avec elle les pays traversés grâce à un père diplomate ; d’ailleurs avec un tel métier comment ne pas comprendre la prédestination de la fille pour la nourriture ? Pour une gourmande, la provocation était sans doute trop forte !
Comment ne pas aussi imaginer que la curiosité naturelle de l’enfant se retrouve décuplée et jamais rassasiée par la confrontation régulière avec de nouvelles cultures, de nouvelles langues, de nouveaux modes de vie et, bien sûr, de nouvelles nourritures.
Cette faim, Amélie Nothomb la possède finalement pour la vie. Elle se raconte anorexique, boulimique, ou potomane ; elle se présente tour à tour adulée et haïe. L’écriture la sauvera.
Le style s’apparente à celui de ses autres romans. Des fulgurances y côtoient les formules à l’emporte pièce. Ceux qui apprécient Amélie Nothomb trouveront dans cette Biographie de la faim, un quatre heures plutôt qu’un repas gastronomique, mais de quoi combler le petit creux de 11 heures.
Ceux qui la trouvent nombriliste et écrivaillonne douée pour le marketing ne reverront probablement pas leur jugement … mais pourquoi diantre auraient-ils alors lu ce livre ?