de la littérature, de l'humour, des randos, du cinéma et un peu d'actualité sans langue de bois
Un groupe de stagiaires théophiles a débarqué dans le service. Ces étudiants sont pires qu’un rassemblement de sauvageons cocainomanes. A tout moment de la journée ils réclament leur dose et, si je résiste, la sueur point à leur front, de petits vaisseaux éclatent dans leurs yeux, la tension monte, les injures fusent et une violence sauvage peut éclater à tout instant.
Je cède alors, allant le tête basse quérir de l’eau fraîche au robinet le plus proche, remplissant la cafetière, déposant précautionneusement, sous le regard sévère des stagiaires, dans la boule à thé des feuilles brisées issues d’un jardin chinois et laissant l’eau se colorer.
Le plus théophile, Gautier, mène le groupe ; sa dernière trouvaille c’est d’exiger des muffins aux fruits rouges pour accompagner leur pause. Je me cabre et en appelle au respect des anciens et à celui de l’expérience. Ils s’en moquent avec dédain et ils affichent l’arrogance de la jeunesse ; demain matin, je me mettrai aux fourneaux.
J’ai hâte que leur stage se termine et que mes brimades cessent. Cependant je ne peux m’empêcher de ressentir une angoisse à l’idée de leur départ. Qui viendra alors prendre le thé avec moi ?