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L’orage venait d’éclater ; nous l’avions attendu toute la journée dans la moiteur de l’été provençal. Les orangeades servies sous le tilleul, que les abeilles et les guêpes avaient enfin délaissé, n’avaient offert que de brefs moments de répit.
Les hommes offraient leur torse au regard des femmes en rentrant leur ventre comme pour oublier les années de ripailles. Les jupes volaient et dévoilaient plus que de raison des jambes bronzées.
Aux premières gouttes, lourdes et chaudes, toute la famille s’était précipitée dans la maison, en emportant les assiettes vides et les bouteilles à moitié pleines.
L’orage fût aussi violent que bref. Pieds nus, je courrais dans la pelouse et bientôt je m’y roulais. J’emplissais tout mon être de cette senteur de terre mouillée. Aujourd’hui, dans cette maison de retraite, l’odeur du désinfectant a remplacé celle de la terre, et pourtant, je la sens encore.
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