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Alain Monnier a publié en 2007 Notre seconde vie, roman savoureux qui décrit les évolutions, dans un univers virtuel, de quelques personnages (avatars). Le titre, transparent, fait référence à Second Life, l’univers bien connu sur internet qui, en 2007, atteignait la notoriété dans le grand public.
Après des livres, pour la plupart réussis, dont l’humour s’ancrait dans les cocasseries de situations sociales actuelles, l’auteur toulousain s’attaque à la vie par procuration que procurent les univers virtuels.
Eva, Karine et les autres tentent souvent de combler à travers leur avatar les manques de leur vie réelle. La femme renfermée, en surpoids, à l’hygiène douteuse, dans son petit appartement se transformera dans l’environnement de Notre Seconde Vie, NSV, en une créature sexy, sure d’elle et partira à la conquête de beaux personnages masculins.
Le roman pointe aussi clairement qu’au-delà de la virtualisation des échanges et de la perte de sociabilité réels que cela peut engendrer, ces univers virtuels souffrent des mêmes dérives que le monde concret : pouvoir, argent, cabale, fuite, domination, drogue, déviances, meurtre; chacun pourra compléter cette liste à sa guise.
Alors que dans ces jeux, s’exercent une sorte de pouvoir divin, par la modélisation ex-nihilo de tout un univers, la création de personnages et la mise en place de règle, l’évolution naturelle conduit à reproduire les caractéristiques (d’aucuns diraient les tares) de notre monde.
Une fois de plus, grâce à ce roman sans prétention, Alain Monnier m’a séduit.