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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 08:14

Olivia-Rosenthal---Que-font-les-rennes-apres-Noel.jpgHasard du calendrier, j’ai terminé ce livre ce week-end, soit juste avant que ne soit annoncé qu’il avait remporté le prix du Livre Inter 2011. Mérite-t-il ce prix ?  Aucune idée, je n’ai pas lu les autres livres sélectionnés !

 

Le roman raconte le parcours d’une adolescente qui essaie de s’émanciper de ses parents, de trouver sa place dans la société, avec les amis d’école, puis avec le monde professionnel. Cette jeune fille peine à découvrir et assumer son identité sexuelle et son identité tout court. Que faut-il abandonner pour être bien dans sa peau ? La relation avec les parents, et singulièrement la mère, associe répulsion et confort, domination et adhésion. Du classique me direz vous ? Pas tout à fait, car l’originalité tient dans le parallèle avec les relations que nous entretenons avec les animaux.

 

Le fil thématique principal est, en effet, croisé avec les réflexions de personnages qui font métier de soigner les bêtes et avec l’histoire d’une ville qui veut installer les loups en son sein, dans de grands fossés que surplomberaient des sentiers pédestres.

 

Une analyse intéressante de nos rapports avec les animaux jalonne donc ce roman : comment valoriser la vie sauvage tout en la combattant, comment la respecter tout en la mettant en scène et finalement, y a-t-il encore une vie sauvage ? Comment gérer la relation avec les bêtes que l’on élève, que l’on chasse, que l’on utilise pour les tests de médicaments, que l’on abat, que l’on mange mais aussi auxquelles on voue tendresse, affection.

 

En de petits paragraphes ciselés, Olivia Rosenthal entremêle les narrations et donne un rythme très particulier fait de percussions puis de ralentissement ; l’utilisation du ‘vous’ dans les passages concernant la jeune fille instaure dans le lien avec le lecteur à la fois de la distance (dans une position de témoin qui raconterait les faits avec une objectivité quasi clinique) et de la rudesse (ce ‘vous’ pourrait bien se révéler un impératif !).

 

Un livre intéressant, plus intelligent qu’il n’y parait de prime abord, dans lequel chacun reconnaîtra une part de lui-même.
 

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 08:19

Oz-Amos---Soudain-dans-la-foret-profonde.jpgAmos Oz a écrit ce qu’il appelle un conte. De fait, l’histoire se déroule dans un village reculé, au fond d’une vallée sombre. Les habitants se risquent rarement dans le village voisin.

 

Depuis de nombreuses années, le village subit une malédiction dont les parents semblent connaîtrent l’origine mais qu’ils refusent de dévoiler à leurs enfants : plus aucun animal, même le plus petit, ne vit dans le village et dans les bois alentours. Le village est sous la coupe de Nehi, un démon, qui se promène dès le soir tombé dans les rues désertées.

 

Nimi, un enfant en proie aux quolibets de ses camarades, va se mettre à hennir et à courir comme un cheval ; contrepoint au vide de présence animale. Deux enfants, Matti et Maya, vont surmonter leur peur et explorer la forêt. Ils découvriront peut-être l’origine du fléau.

 

Ce conte nous parle de l’enfance, de la cruauté des humains face à la différence et des moyens de s’en protéger. Il raconte la tolérance sous ses différentes formes, la force et les limites de la revanche. 
 

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 08:34

Clement-Catherine---Le-voyage-de-Theo.jpgCe livre fête son huitième anniversaire ; pas récent donc … et pas forcément d’une grande originalité, j’y reviendrai.

 

Théo est un jeune adolescent, malade. Sa tante Marthe, l’emmène alors dans un voyage autour de la terre à la rencontre des grandes religions de l’humanité. Il rend compte régulièrement de ses pérégrinations à ses parents et à sa sœur demeurés à Paris. Pendant son voyage, Théo poursuit ses traitements dans des hôpitaux classiques, mais se frotte aussi à des médecines plus traditionnelles.

 

Catherine Clément nous fait découvrir avec pédagogie et synthèse les religions majeures (en les courants de la chrétienté, ceux de l’islam, l’hindouisme, le judaïsme et des religions asiatiques ou africaines). Pas mal fait, facile à lire, mais finalement trop superficiel ; après avoir ferré, voilà que le voyage reprend et laisse le lecteur en plan.

 

Cela ne vous rappelle rien ? Vous souvenez-vous du Monde de Sophie publié en 1991 par Jostein Gaarder. Un père qui livre à sa fille, Sophie Amundsen, le récit des courants philosophiques depuis la Grèce antique dans un formidable voyage épistolaire. Il me souvient d’une plongée dans la pensée de notre civilisation remarquable de clarté et de précision.

 

Le roman de Catherine Clément reprend la même ficelle du voyage initiatique ; si elle partage le même objectif que le romancier norvégien, elle se révèle plus modeste dans son parcours. Elle fait aussi un usage inutile du mélodrame, plombant le roman (en voulant lui donner un fil conducteur) d’une mièvrerie qui culmine dans une fin tellement prévisible qu’elle conduirait à sourire si elle ne désespérait pas. Il reste cependant le survol des grandes religions, accessible à tout un chacun, et rien que pour cela, le livre mérite un peu d’attention.
 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 08:32

Sophocle---Antigone.jpgSophocle, des millénaires avant notre ère aurait tout inventé et depuis, les dramaturges de tous les pays et de toutes les époques se contenteraient de transposer les idées et les trames narratives des tragédies grecques. Qu’on en juge !

 

Créon règne sur Thèbes depuis l’exil d’Œdipe. Etéocle et Polynice, fils d’Œdipe, se sont entretués ; Polynice. Créon accorde la sépulture au premier mais la refuse au second, abandonnant son corps au soleil et à la poussière et interdisant ses funérailles ; Ismène et Antigone se révoltent contre ce décret, mais seule Antigone ira jusqu’au bout de sa décision, recouvrira de terre le corps de son frère et affrontera son oncle. Créon, ne voulant renoncer à la loi de la cité, condamne sa nièce à mort. Hémon, fils de Créon, et amoureux d’Antigone, ne supportera pas cette décision et se laissera enfermé avec sa bien aimée. Lorsque Créon l’apprendra il ne pourra que constater la mort de son enfant.

 

Si cette tragédie a indéniablement vieilli dans sa forme, les thèmes abordés restent d’actualité et si je n’avais peur de paraître emphatique, éternels ajouterais-je. Comment conduire la politique de la cité ? Comment doit-on exercer le pouvoir ? Faut-il sacrifier la loi morale à la loi écrite ? Doit-on appliquer les lois en sachant qu’elles s’opposent au bon sens et au sens commun de la justice ?
 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 08:28

Voltaire-L-affaire-Calas.jpgVoltaire expose dans ce livre son opinion sur l’une des affaires judiciaire les plus célèbres du XVIII ième siècle. Le 13 octobre 1761, Jean Calas, un marchand Toulousain, découvre un de ses fils, Marc-Antoine, étranglé rue des Filatiers.

 

L’enquête est menée par un Capitoul, David de Beaudrigue ; il interroge Jean Calas, son épouse, Pierre, un autre fils, et Gaubert de Lavaisse invité de la famille la soirée de l’évènement. Il apprend bientôt que pour éviter le déshonneur, la famille a découvert le fils pendu et, pour éviter le déshonneur d’un suicide, a tenté de faire croire à un meurtre. L’enquête aurait pu s’arrêter là mais Jean Calas est Protestant et Marc-Antoine aurait voulu se convertir au catholicisme : on attribue au père l’assassinat de son fils. Jean Calas avouera son crime sous la torture mais se rétractera ensuite. Jean Calas sera condamné à mort le 9 mars 1762 par le Parlement de Toulouse.

 

L’enquête de Voltaire éclaire les faits d’une toute autre lumière et démontre les incohérences de l’enquête. Il fait appel à l’opinion publique, il publie des textes ; il prend contact avec les personnages influents du moment et tente de les gagner à sa cause.

 

En 1763, la veuve de Jean Calas monte à Paris plaider sa cause auprès de la cour.  Grâce à l’activisme de Voltaire elle finira par avoir gain de cause ; son mari sera réhabilité et l’enquêteur, David de Beaudrigue, sera destitué.

Ce livre montre comment un esprit libre, animé par l’amour de la vérité et soutenu par une intégrité sans limite, peut influer sur le cours de la justice et plus généralement sur le cours du monde.

 

Un exemple à méditer par tous les journalistes de notre siècle.

 

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 08:07

Carlos-Ruiz-Zafon---L-Ombre-du-vent.jpgLa couverture de l’édition de poche, citant le magazine Lire, m’avait pourtant averti « S vous avez le malheur de lire les trois premières pages de ce roman vous n’avez plus aucune chance de lui échapper ». Je me croyais plus fort, en lecteur infatigable sûr de mes prérogatives et conscient de mes droits, certain de ma force de caractère.

 

Pourtant, au bout de trois pages, comme ensorcelé, je cédai à l’immatérielle injonction et le livre m’emmena dans un voyage dont le plaisir, je n’en doute pas, m’habitera longtemps.

 

Comment décrire ce foisonnant roman, sans en dévoiler le charme ni en gâcher la lecture ? Daniel Sempere, barcelonais de 10 ans, entre dans le cimetière des Livres Oubliés, accompagné par son père, qui va l’initier à un rituel se perpétuant au travers des générations. Le garçon doit adopter un livre parmi les centaines de milliers de volumes oubliés des hommes et garnissant les étagères de cette improbable bibliothèque. Il se sent attiré par l'Ombre du vent de Julian Carax, auteur inconnu, dont le livre va bouleverser sa vie.

 

Bien des années plus tard, au crépuscule de sa vie, Daniel raconte cette histoire, qui nous est offerte à lire aujourd’hui.

 

Dans la Barcelone Franquiste de l’après guerre, dans ces heures sombres où l’Espagne se morfond, l’Ombre du vent va passionner Daniel et l’entraîner à la recherche des autres écrits de Julien Carax, enquêtant sur la vie de l’écrivain. Il y découvre que tous les exemplaires du livre ont été achetés par un inconnu qui les a ensuite brûlé.  La quête de l’auteur inconnu s’entrelace sur plusieurs années avec la vie de l’adolescent.

 

Du mystère, une petite dose de fantastique, des descriptions fouillées de la capitale catalane, une structure littéraire parfaitement maîtrisée soutenue par un style très agréable (je ne connais pas la version originale mais il semble que la traduction soit efficace !) : laissez vous emporter par l’Ombre du vent.

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 08:22

jean-marie-blas-de-robles---la-montagne-de-minuit.pngAprès le succès de son volumineux roman ‘Là où les tigres sont chez eux’, l’auteur nous propose un petit texte (environ 160 pages) assez savoureux.

 

Rose Sévère, chercheuse à la maison de l’Orient, vient d’emménager, avec son enfant Paul, dans un appartement de Lyon. Elle fait la connaissance de son voisin, Bastien Lhermine, gardien d’un collège Jésuite. Malgré des avertissements d’autres locataires, elle se prend d’affection pour cet homme à l’aube de la retraite, passionné par le Tibet et le lamaïsme mais qui ne s’est jamais rendu dans ce pays ; il se contente de dessiner des Mandalas dans son salon et de vivre dans le dénuement. Poussée par une impulsion qu’elle ne s’explique pas, elle achète deux billets et offre au vieux gardien le voyage à Lhassa ; Avec la masse imposante du Potala en arrière plan, les histoires des deux personnages vont alors se révéler.

 

L’auteur enchevêtre élégamment la narration de Paul le fils et les commentaires de Rose sur le récit de ces évènements. La lecture est agréable et on peine à s’abandonner à Morphée !

 

Mais le cœur du récit réside dans les relations que Rose et Bastien entretiennent avec la vérité historique, avec leurs mensonges. C’est aussi une discussion sur les relations supposées entre l’Allemagne nazie et la philosophie tibétaine, entre Hitler et le Dalaï-Lama, entre des moines à Berlin et la recherche d’une force occulte surpuissante. Allez faire une recherche sur internet à propos de ces liens et vous trouverez une somme d’information impressionnante … mais vous restera à distinguer le vrai du faux !

 

Un reproche tout de même : le roman aurait pu traiter différemment cette annexe qui malgré une pirouette de narration se coupe du reste du livre.

 

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 08:22

Eric-Emmanuel-Schmitt---Milarepa.jpgUn homme rêve chaque nuit de longs chemins pierreux, de vent et de haine. Une mystérieuse femme rencontrée dans un café lui offre une interprétation ; il serait la réincarnation de l’oncle de Milarepa, un ermite tibétain. Il haïssait son neveu.

 

Ce petit conte met en scène le réel et l’imaginaire aux frontières floues et poreuses. L’entremêlement des diverses voix qui se font entendre renforce la réflexion sur les sentiments, sur la connaissance de soi à laquelle aspire le moine tibétain.

 

Un précis de réflexion sur le Tibet publié en 1997 qui préfigure ceux sur le soufisme (Monsieur Ibrahim et les Fleurs de Coran), le judaïsme (l’enfant de Noé) et le christianisme (Oscar et la dame en rose).

 

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 08:28

Laferriere-denis-l-enigme-du-retour.jpgDenis Laferrière, écrivain Haïtien, nous raconte le retour au pays natal d’un exilé. Il part sur les traces de son enfance, à la recherche de ses racines, revivant le parcours de son père, exilé lui aussi, ayant abandonné femmes et enfants. Ce père absent n’ayant jamais remis les pieds en Haïti.

 

Ce livre peut-il être considéré comme un roman ? Sans doute car il raconte une histoire romancée. Mais c’est aussi un long poème en prose, parfois formaté comme nous en avons l’habitude, parfois en paragraphe classique.

 

Il se dégage une atmosphère de nostalgie et d’interrogations sur le pays laissé, abandonné. Le roman poétique dépeint les sentiments de celui qui a fuit pour un monde de cocagne et qui retrouve la misère, la faim, l’oppression politique. Entre satisfaction de sa propre vie et culpabilité d’avoir laissé sa famille et ses amis affronter les difficultés, le personnage principal se débat et nous livre ses doutes dans un clair obscur plein de subtilité et d’émotion.

 

Devra-t-il convaincre son neveu à renier son pays et à, comme lui, préférer l’exil, et le changement de vie. Qu’attendre de la vie quand la réussite économique est érigée en objectif d’autant plus haut que la situation du pays est difficile ? Qu’attendre de la vie quand la liberté de parole (n’est-ce pas le fondement de l’homme sans lequel il redevient un animal?) se couche devant les milices ?

 

Magnifique livre hommage à un pays martyrisé par une nature moins impitoyable que révélatrice de la cupidité et de la prévarication des hommes.

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 08:29

vallejo-francois-le-voyage-des-grands-hommes.jpgL’idée de ce roman brille de mille feux : Rousseau, Diderot et Grimm partent pour un voyage en Italie. Madame d’Epinay met à leur disposition son serviteur, Lambert, pour les accompagner et veiller à leur confort et à leur sécurité. Le valet devra aussi rapporter à sa maîtresse les propos qui pourraient être tenus contre elle.

 

Nous suivons les pérégrinations de ces trois grands hommes à travers le récit qu’en a écrit ce fameux Lambert et qui a traversé les siècles pour parvenir dans les mains d’un de ses descendant de la septième génération. Le procédé du manuscrit oublié ne révolutionne pas le monde des idées littéraires, mais il n’est après tout qu’un petit effet visant à crédibiliser l’histoire.

Les trois hommes parlent, se racontent, dans ce voyage que les moyens de transport de l’époque, lents et malcommodes, rendent propice à la conversation. Ils s’expriment dans une belle langue, jolie sans flirter toutefois avec le chichiteux, que le valet, finalement fort instruit, retranscrit avec talent.

 

Lambert appartient à la grande tradition des valets qui accompagnent leurs maîtres mais tiennent les premiers rôles des histoires, qui portent le bon sens et la sagesse. Comme l’écrivait Beaumarchais dans son Mariage de Figaro « Aux qualités que l'on exige d'un valet, connaissez-vous beaucoup de maîtres qui seraient dignes d'être serviteurs ? ». Il y a aussi du Jacques dans ce serviteur, rappelant justement le célèbre roman de Diderot Jacques le Fataliste et son maître. On y verrait aussi du Sancho Panza aux côtés de Don Quichotte.

 

Alors savoureux ce roman ? Pas tout a fait. Quel dommage que les échanges entre Rousseau, Diderot et Grimm soient si peu enthousiasmant, si peu empreint de la philosophie de ces grands auteurs, de la fulgurance de leurs pensées. François Vallejo demeure par trop dans le commun, dans le quotidien, dans la facilité. L’idée formidable qui sous-tend ce roman se retrouve accouche d’une jolie souris, mais d’une souris quand même.

 

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