Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Recherche

Langage Stéphanois

Archives

Pages

9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 20:28

A en juger par ce premier roman, Le cœur cousu, Carole Martinez possède un rare talent ; elle sait raconter une histoire.

Frasquita Carasco est née dans un village au sud de l’Espagne et elle hérite de sa mère un don qui insuffle une incomparable beauté aux vêtements qu’elle coud. C’est l’histoire de Frasquita et de sa famille que narre ce livre, de la terre hostile de son village et de la rudesse de ces habitants jusqu’au Maroc ou elle finira par échouer après avoir été jouée et perdue par son mari.

Le cœur cousu se situe à mi-chemin de la saga familiale et de la fable poétique.  Les pouvoirs merveilleux et inexpliqués se transmettent de fille à fille et rappellent les temps anciens, les villages immuables, les clans, les paysans et les seigneurs, la jalousie, la force de ces femmes au tempérament affirmé à la fois enviées et craintes et peut-être détentrice d’une magie, à mille lieux du sorcier à lunettes. Les prénoms des enfants de Frasquita se succèdent, Anita, la mutique, Angela, à la voix d'or, Pedro el Rojo, le dessinateur, Martirio, au baiser mortel, Clara, qui tire son énergie de la lumière du soleil, etc.

Ce livre est un bijou, une rareté, une perle. Il faut certes franchir les premiers chapitres, qui du fait même de la technique narrative, ne peuvent prendre un sens immédiat. Ensuite, les rets ne se relâchent plus.

J’ai goûté ce livre comme un bon mets, savourant chaque ligne, hésitant entre l’envie de le dévorer et le souhait d’en laisser pour le lendemain afin de me délecter de l’envie de le retrouver.

Ce roman a été couronné de nombreux prix. Je lui décerne celui de ma plus belle découverte 2008.
Repost 0
Published by tioufout - dans Livres
commenter cet article
30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 16:17

Le phénomène se répète à chaque rentrée littéraire, alors que les salles de classes se remplissent Amélie Nothomb publie son nouvel opus. Chaque année, comme pour le Beaujolais nouveau, il y a les fans, impatients, les amateurs, curieux, les snobs, enthousiastes, et la grande majorité qui demande à être convaincue.
 

 Cette année, c'est avec Le fait du prince qu'Amélie Nothomb a rempli les devantures des librairies. Pourtant comme pour le Beaujolais nouveau, si je ne peux m'empêcher de louer la récurrence de l'évènement, son parfait agencement marketing et son accessibilité, je ne peux que regretter l'absence de profondeur et de complexité du produit.

Le fait du prince est un petit opuscule, qu'une ou deux soirées suffisent à parcourir. L'idée de départ est comme souvent chez Amélie Nothomb, originale: Un inconnu meurt chez Baptiste Bordave qui décide d'en prendre l'identité. Il devient ainsi Olaf Sildur en se coulant dans sa vie avec une stupéfiante facilité, dégustant maintes bouteilles de champagne avec sa veuve et régnant sur les biens de la victime.

En ces temps de crise financière la morale de l'histoire ne manque pas d'à propos puisqu'elle affirme que ceux qui possèdent de l'argent et du pouvoir, accèdent à de nouveaux privilèges et des prêts du fait de leur statut et non de leur valeur humaine ni de celle de leurs projets, de part donc le simple fait du prince.

Amélie Nothomb, une fois de plus, démontre sa maîtrise des dialogues qui constituent l'essentiel de l'ouvrage. Cependant, l'originalité de l'idée initiale se transforme assez vite en répétition monotone, et les espoirs conçus dans les premières pages sont déçus. Quant à la fin, je me demande si son seul intérêt n'est pas de justifier le titre du roman. Il est vraiment dommage qu'une fois encore Amélie Nothomb cède à la facilité et bâcle la conclusion du livre. En cela elle fait parfois penser à Jean-Christophe Grangé dont les intrigues brillent mais dont les épilogues simplistes ternissent tout le roman.

Le fait du prince n'est pas un mauvais livre; j'ai passé un agréable moment en sa compagnie, mais j'en suis ressorti frustré par sa superficialité. Comme le Beaujolais nouveau.

Voir aussi :
Les combustibles – Amélie Nothomb
Attentat – Amélie Nothomb
Acide sulfurique – Amélie Nothomb
Repost 0
Published by tioufout - dans Livres
commenter cet article
5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 22:40

Oui, c’est vrai, je suis un admirateur d’Amélie Nothomb; Pas inconditionnel, non, loin de là, mais je guette ses livres ! Une imagination foisonnante, un talent de conteur et une facilité dans l’écriture, les romans d’Amélie Nothomb paraissent aussi simples à écrire qu’ils se lisent avec facilité.

Pourtant parfois la facilité confine à la négligence et je me dis que l’auteur n’a pas dû passer des nuits blanches à guetter l’inspiration ou à chercher le mot exact qui rendra le mieux compte d’un sentiment ou d’une couleur.

Attentat, pourtant, se base sur une idée pleine de promesses : Epiphane Otos, un homme qui va sur sa trentaine, se décrit comme l’être le plus hideux du monde. Un hasard de l’existence le pousse à postuler pour un rôle de laid dans un film ; Il n’a pas le rôle mais tombe secrètement amoureux de l’héroïne et décide de créer le métier de repoussoir universel.

Beauté intérieure face à beauté extérieure, importance du Laid pour mettre en valeur relative le Beau ; qu’est ce que la beauté, existe-t-elle en dehors de l’homme ? Quelques questions que se posèrent déjà, il y a des siècles, des philosophes comme Spinoza et qu’Attentat ne renouvelle guère.

Ce livre m’a laissé sur ma faim ; pas désagréable à lire, non, mais au-delà de l’idée originale, un manque de profondeur. Une facilité bien dommageable quand on a autant de talent qu’Amélie Nothomb.

Voir aussi
Les Combustibles - Amélie Nothomb
Le fait du prince - Amélie Nothomb
Acide sulfurique – Amélie Nothomb

Repost 0
Published by tioufout - dans Livres
commenter cet article
2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 21:56

Alabama Song est une biographie romancée de Zelda Fitzgerald, compagne du célèbre romancier américain Scott Fitzgerald.

Gilles Leroy, son auteur, mêle des pans de la réalité avec des situations et des personnages que son imagination invente ou dont elle s'inspire. En cela, et il ne nous le révèle que dans les ultimes pages, ce livre est un roman. C’est sa force mais aussi sa limite.

Celui qui porte un intérêt à ce couple turbulent sera déçu de n’y point distinguer le réel du fictif et aura la désagréable impression de s’être fait conduire en de brumeux chemins. A contrario, le lecteur assidu pourra y apprécier un style alerte et un point de vue original, celui de Zelda Sayre future madame Zelda Fitzgerald.

Les aventures passionnelles et tourmentées de Zelda avec ce beau lieutenant francophone qui deviendra un écrivain reconnu sous-tendent le rôle essentiel qu’elle joua dans son inspiration ; Gilles Leroy la rendant même auteur de certains écrits publiés sous le nom de Scott Fitzgerald et actrice principale de ses livres.

Son amour charnel et absolu avec un Français, sur la côte d’azur, dépeint en contrepoint sa vie médiocre d’épouse, de malade, qui d’excès en dérive, sous le joug de son mari finira en hopital psychiatrique au Highland Hospital de Ashville.

Gilles Leroy a certes obtenu le prix Goncourt 2007 pour Alabama Song, mais je n’ai pas trouvé dans ce roman un style, une histoire, une émotion qui me le fasse recommander.

Je l’ai lu. C’est tout.

Repost 0
Published by tioufout - dans Livres
commenter cet article