Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Recherche

Langage Stéphanois

Archives

Pages

27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 08:53

Ma concubine préférée vient de me l’annoncer avec tristesse. Elle ne porte toujours pas mon héritier. Ma lignée s’éteindra-t-elle comme le soleil disparaît chaque soir sous l’horizon ? Moi, empereur d’origine divine, régnant sur tant de peuples, serais-je laissé sans enfant ? Combien de femmes devrais-je épouser pour en rencontrer une féconde ? Je veux combattre cette inacceptable infamie.

 

Mes médecins personnels s’agenouillent, remplis d’une feinte humilité. Avec force circonvolutions et maints détours, je comprends qu’ils accusent la qualité de ma semence impériale. Quels impudents !

 

Ils prescrivent une cure de chocolat qui favorisera la fertilité et renversera le mauvais œil qu’un ennemi m’a jeté - seule explication à mes difficultés. Je me résous à suivre leurs conseils et goûte avec appréhension le breuvage sombre et fumant qu’une esclave –fort belle d’ailleurs- a déposé sur plateau d’or délicatement travaillé.

 

L’amertume, relevé d’un mélange d’épices, agresse mon palais et je manque de recracher. J’ingurgite cependant la totalité de cette potion et, je finis par m’habituer à cette saveur inaccoutumée. J’en redemande une fois, deux fois puis j’en déguste à toute heure du jour.

 

Tant pis pour la descendance.

Voir l'origine des désirs théicoles sur
Désirs Théicoles : Poésie et loufoquerie autour d’une tasse de thé

Repost 0
Published by Tioufout - dans Désir Théicole
commenter cet article
26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 08:33

Super Nanny est décédée et la France s'en émeut; Pauvre de moi qui ignorait même qu'elle vivait!

Repost 0
25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 08:16

jean teule - mangez le si vous voulezEn l’an de grâce 1870, en ce mardi 16 août, la foire bat son plein dans le village d’Hautefaye. Alain de Monéys, un jeune homme courtois et point sot, conseiller municipal du village voisin de Beaussac, arrive pour l’évènement de l’année.

 

Les esprits, échauffés par la guerre avec l’ennemi teuton et revanchards face aux premières défaites, sont prompts à refaire les batailles et à donner de la voix. Il suffit d’un simple doute émis par un pauvre bougre sur la capacité de la France à remporter la victoire pour que ce dernier devienne l’objet de sarcasmes puis de menaces.

 

Alain de Monéys ose apporter une parole apaisante pour venir en aide à ce pauvre homme : « Il est impossible qu’un tel cri sorte de sa bouche : ‘Vive la Prusse’ … et pourquoi pas ‘A bas la France’ ! ». Un paysan, probablement déjà éméché, se met alors à crier : « Comment, vous avez dit A bas la France ». L’histoire s’enclenche inexorable.

 

Le conseiller municipal, reconnu et salué avec déférence, devient alors la victime de la foule qui le juge coupable de trahison envers la France. Elle lui infligera maintes souffrances et finira par le brûler et le manger.

 

A partir d’un fait divers historique, Jean Teulé nous restitue le chemin de croix du supplicié, agrémentant chacune des stations d’un plan situant l’action dans le village.

 

Le livre se dévore, si le terme m’est permis, et ne m’a pas laissé sur ma faim. Le style, alerte et vif, rend magnifiquement les évènements. Le récit, dont la force s’alimente à la véracité de l’histoire, suffirait au bonheur de la lecture. Ce roman emmène cependant son lecteur à d’autres réflexions. Il décortique l’effet de groupe qui transforme des êtres a priori normaux en sauvageons ou en criminels. Il met en évidence les résultats dévastateurs de la rumeur qui finit par remplacer, au mépris de toute évidence, les faits réels. Il dénonce la veulerie de ceux qui trouvent un exutoire dans les brimades d’un bouc émissaire.

 

Ce roman possède une résonance particulière dans notre société où la communication a remplacé les échanges, où l’information ne consiste, bien souvent, qu’à reprendre les communiqués de presse, où les mêmes histoires sont données en pâture, quasi à l’identique sur tous les médias, à un peuple à l’esprit critique émoussé par Internet et des heures de journaux télévisés.  Après la lecture de ce roman je me suis dit qu’un aggiornamento de l’information s’imposait et que l’école devrait apprendre à décortiquer l’information comme elle le fait pour les textes classiques et j’ai pensé au site d’Arrêt Sur Image !


Cliquer ici pour consulter les autres livres / auteurs de ce blog.
 
Repost 0
Published by Tioufout - dans Livres
commenter cet article
21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 08:35

Le dictionnaire Gaga est désormais disponible pour la lettre G: de Gambelle à Godiveau voici quelques mots du langage stéphanois.


Quelques mots ont aussi été ajoutés à partir de vos commentaires sur les autres lettres; il en reste encore à prendre en compte.



La langue est vivante. Ce dictionnaire est le fruit de ma mémoire. Vos commentaires et vos propositions d'autres mots sont les bienvenus.

Repost 0
Published by Tioufout - dans Gaga
commenter cet article
20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 08:34

Mardi soir dernier. Je débarrasse de son film protecteur le numéro de février du magazine Lire. Je feuillette avec délectation les suggestions de lecture, les critiques, les nouveautés. Brusquement, un encart publicitaire de plusieurs pages interrompt ma déambulation littéraire. Les couettes, les draps, les taies, les peignoirs et les nappes de la société Linvosges s’étalent sur le papier glacé.

 

Quel rapport entre la littérature et le linge de maison ? Qu’est ce que la régie publicitaire de Lire avait donc bien en tête pour accepter l’offre de ce camelot?

 

Je ne suis pas froissé, je ne sors pas mon armure comme un croisé, ce n’est certes pas en soi un crime ! Je ne dégusterait cependant pas non plus, par un froid polaire, une crêpe avec une grenadine en terrasse à Jersey sans dénoncer l’alliance mercantile du velours de gueux et de la trame ciselée d’une intrigue littéraire charmeuse.

 

Quel lien entre la culture et la couture ? Quel rapport entre Aïda et la toile Vichy ? Comment comparer les bouclettes d’un tissu sans chichi et les impressions moirées que l’on ressent à la description des côtes Aléoutiennes passées par la plume d’un écrivain de métier ?

 

Cette publicité tombe à plat et chiffonne l’âme de ce magazine façonné pour une frange du lectorat, qui dès la couverture, se réjouit de découvrir au fil des pages le contenu du cocon. Les motifs de mépris sont nombreux face à cette panne de dignité. Je plaide pour, qu’à l’unisson, mes amis lecteurs à l'honorable fibre,  passent par le fer de leur lame le ruban qui chaîne et sangle Lire au cadre commercial le plus inepte et froisse ses galons.

 

Un brin de bon sens, ce n’est pas coton tout de même de voir la faille de ce choix! Comme on dit dans ma famille, ils en ont un grain ! Alors, mouillons notre chemise et ne nous laissons pas manger la laine sur le dos ! Réclamons notre part du gâteau (que nappe un poil de chocolat) au soleil!

 

Au zéphyr complice, crions que nous ne serons pas de mèche avec ceux qui ont foulé aux pieds la stature royale de la littérature.

 

Avant d’avoir maille à partir avec les protagonistes de ce billet, je file à l’anglaise.

Repost 0
Published by Tioufout - dans Actualités
commenter cet article
18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 08:21

robin hobb assassin quest le poison de la vengeancerobin-hobb-assassin-quest.jpgAprès plusieurs mois d’errance dans l’univers des romans contemporain, je me replonge dans le monde fantastique de Robin Hobb. Je poursuis la lecture en anglais, mais comme le troisième et dernier tome compte plus de 750 pages couvertes de petits caractères, je décide de couper cette lecture en 3 parties, correspondant peu ou prou aux trois livres qui en ont été extrait en français.

 

Nous avions laissé Fitz pour mort dans les geôles de Regal. Grâce à une ancienne magie, il a survécu dans le corps de Nighteyes, son animal totem, auquel il est rattaché par le Wit.

 

Robin Hobb nous conte la lutte que mène le bâtard royal pour réapprendre à vivre dans son corps en compagnie de Burrich et de Chade et de son loup. Il finit par décider de se lancer à la poursuite de Regal pour le tuer. Le roi usurpateur a fuit Buckkeep, laissant les côtes de son royaume aux navires rouges et à ses barbares, pour se réfugier à l’intérieur des terres. Verity, son frère aîné, est parti à la recherche des mythiques Elderlings, seuls capables de sauver le royaume, 

 

Les intrigues de palais sont remplacées par des enjeux plus importants et le lecteur s’engage désormais dans une épopée somptueuse. Les caractères se développent avec richesse, de nouveaux personnages apparaissent. La lecture tient en haleine. La cohérence du monde décrit est parfaite.


Cliquer ici pour consulter les autres livres / auteurs de ce blog.
 
Repost 0
Published by Tioufout - dans Livres
commenter cet article
16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 08:17

Ma conscience projetée dans l’infini de l’espace temps s’incarne en volutes claires au dessus de mon corps physique. Des êtres en blouses vertes s’agitent avec des instruments dont l’éclat m’éblouit brièvement. Ils semblent paniqués, nimbés dans une aura bleutée, et je vois leurs lèvres bouger avec rapidité.

 

Je perçois des strates de connaissance et d’éveil jusqu’alors inconnues. Le mystère des origines ne me tourmente plus. Mon corps astral, aspiré hors du carcan charnel, découvre la lumière du monde et la sérénité d’une énergie éternelle et transcendantale dans la perfection d’une création spirituelle. Je ne ressens plus aucune douleur physique; je me déplace dans l’éther avec liberté que me procurent mes 7 sous-plans astraux.

 

Mes chakras complètement ouverts (restés pourtant insensibles aux heures de méditation que j’effectuais avec acharnement) regorgent de puissance et le flux de la Kundalini circule, équilibrant mon corps tout en aiguisant mes sens.

 

Je me vois pour la première fois tel que je n’ai jamais cessé d’être : je suis toujours demeuré un étranger à moi-même. Je ne m’incarnerai pas de nouveau dans mon enveloppe de chair.


Voir l'origine des désirs théicoles sur Désirs Théicoles : Poésie et loufoquerie autour d’une tasse de thé
Repost 0
Published by Tioufout - dans Désir Théicole
commenter cet article
14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 08:17

Au 1er étage d'une maison il y a 3 pièces et dans chacune une ampoule.
Au rez de chaussé il y a les 3 interrupteurs permettant de commander les 3 ampoules. Ils ont en position OFF.
Depuis le rez de chaussé, il est impossible de voir les pièces du 1er étage.

Comment retrouver quel interrupteur correspond à quelle pièce sachant qu'on ne peut monter qu'une seule fois au 1er étage.

Vous pouvez poster vos propositions de réponses dans les commentaires. Pour ceux qui cherchent, attention, les commentaires peuvent contenir la réponse!

Repost 0
Published by Tioufout - dans Charade et Enigmes
commenter cet article
13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 08:33

dernier appel avant le paradis philippe vasseurUn tueur s’attaque à des personnes, semble-t-il prises au hasard, alors qu’elles sont en pleine conversation munies de leur téléphone portable. Le récit démarre à la vingtième victime ; le commissaire Roger Routier, aidé par Pacan, un psychanalyste venu éclairé les motivations profondes du tueur, piétine dans son enquête. Comment espérer appréhender un criminel dont les actes ne semblent obéir à aucune logique et dont la victimologie ne révèle qu’un point commun aussi banal que le téléphone portable ? Toute la population nantaise serait en danger ?

 

La narration vive ne s’embarrasse pas de trop de détails et l’écrivain hésite entre le roman et la nouvelle. Les personnages se mettent rapidement en place, l’histoire bien structurée ménage le suspens et le scénario frappe par sa limpidité.

 

Philippe Vasseur, s’il s’est fait un nom, ne s’est pas encore fait un style, et malheureusement cela vient assombrir le tableau ; sans être mauvais, le style me semble juste inexistant ou plus exactement il s’agit d’un assemblage de styles divers. L’auteur se cherche une manière d’écrire. Or un bon écrivain c’est avant tout un style, plutôt que des bonnes histoires. A en croire le très faible nombre d’occurrences trouvées par l’omniscient Google, ce livre n’a malheureusement pas rencontré son public. Il s’agit pourtant d'un ouvrage dont l’idée de base est sympathique.


Cliquer ici pour consulter les autres livres / auteurs de ce blog.
 
Repost 0
Published by Tioufout - dans Livres
commenter cet article
11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 08:22

A voir comment le canard se lisse les plumes avec frénésie, la journée promet d’être chaude. Je me dirige vers le temple, attentif au vol des oiseaux dans le ciel et à la couleur des chats qui croisent ma route. Je ne dois négliger aucun détail afin de contenter mon seigneur qui m’a convié à lui prédire l’avenir devant d’illustres visiteurs.

 

Je définirai, bien sûr, d’abord avec ses conseillers comment les Dieux parleront par mon entremise. Un petit talent d’acteur, quelques effets de fumée et des contorsions suffiront ensuite pour impressionner les convives. Je réserverai à mon souverain, en tête-à-tête, la véritable divination ; il me doit son trône depuis plus de trente ans et il me couvre de ses largesses.

 

Pourtant, ce matin, je vais demander aux haruspices du temple d’éclairer mes origines et d’ouvrir le livre de ma vie. Ils me narreront, avec emphase, ma naissance dans une modeste chaumière, le tremblement de terre de cette nuit, l’aveuglante lueur qui embrasa le ciel, la peur des passants à qui je prédisais la mort de leurs enfants ou parents puis comment l’armée du seigneur m’enleva à ma famille.

 

Demain, j’aurai tout oublié et je reviendrai consulter les Oracles.


Voir l'origine des désirs théicoles sur Désirs Théicoles : Poésie et loufoquerie autour d’une tasse de thé

Repost 0
Published by Tioufout - dans Désir Théicole
commenter cet article