Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Recherche

Langage Stéphanois

Archives

Pages

25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 08:27

J’ai perdu mon père. Quelques semaines d’errance dans les limbes de la maladie et l’inattendu, pourtant si souvent imaginé et entrevu pendant ces journées sans lumière et ces nuits sans secours, se produit. Implacable destinée qui nous plaque violemment au sol, d’une telle force que jamais semble-t-il nous ne pourrons nous relever, remarcher (adieu pensée même de courir) sans tituber, sans heurter la surface rocailleuse en laquelle cette disparition a transformé le moindre des chemins herbeux.

 

J’ai perdu mon père. Il est mort, il est décédé, il a trépassé, il a succombé, il a péri ; Il ne s’est pas envolé, il n’est pas parti, ni monté au ciel. Il n’a pas quitté un monde de souffrance pour un paradis de douceur et de bonheur.  Il n’est pas passé dans un au-delà de fontaines de miel. Il n’a pas rendu l’âme à son Créateur ni été rappelé par Lui. Il n’a pas disparu dans un trou noir dont on ne revient pas. Il ne s’est pas éteint comme une chandelle votive. Enfin, peut-être, lui seul le sait maintenant.

 

J’ai perdu mon père. Il n’a pas crevé, ni cassé sa pipe (je crois bien qu’il n’en n’a jamais fumé), il n’a ni calanché, ni clamecé (il préférait le gaga à l’argot). Il n’a pas cané, ni claqué, ni claboté (il avait un sens de l’esthétisme). Il ne mange pas les pissenlits par la racine (il aimait trop les barabans). Il n’a pas passé l’arme à gauche (il était pas un va-t-en-guerre). Il n’a pas avalé sa chique (il avait fumé mais point chiqué). Il n’a pas avalé le bouillon de onze heures (il buvait parfois une tisane de tilleul, mais vers vingt-deux heures).

 

J’ai perdu mon père. Il a cessé de vivre ; son pronostic vital n’est désormais plus engagé puisqu’il a trouvé la mort (en la saluant, j’imagine, d’un retentissant je te hais camarde !). En passant de vie à trépas, en allant ad patres il s’est retiré dans nos souvenirs.

 

Il y a tant de mots pour exprimer la mort et si peu pour la naissance ou la vie. Il y a tant d’expressions pour dire cette tragique et irrémédiable séparation. Quand la mort survient, quand elle frappe un proche, quand elle tue un père, aucun de ces innombrables mots ne saurait pourtant refléter l’intensité de la douleur et de la peine ressenties.

 

J’ai perdu mon père. Je le retrouverai chaque jour dans ma mémoire.

 

 

Repost 0
Published by Tioufout - dans Cogito - ergo sum
commenter cet article
20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 08:26

noelle-revaz-efina.jpgPremier contact avec l’œuvre de Noëlle Revaz : Magnifique !

 

Pourtant, cela avait commencé avec difficulté. L’héroïne, à l’occasion d’une pièce de théâtre reconnaît T, un acteur à la brillante carrière et à la tumultueuse vie sentimentale avait lequel elle a entretenu une correspondance épistolaire, d’une seule lettre. Restreindre l’acteur à son initiale, T, comme théâtre ou toi, me paraissait affecté.  Au fil des pages, l’histoire m’a enveloppé.

 

Noëlle Revaz nous fait découvrir par petite touches ce qui a lié T et Efina, l’héroïne,

 

L’écriture, avec un détachement travaillé, me donne l’impression d’assister au récit de loin, depuis le poulailler. Parfois, les phrases ressemblent aux didascalies qu’ont trouve au début des scènes de théâtre pour indiquer le décor, le contexte ou certain jeu attendu. Le texte se renouvelle perpétuellement en rentrant dans les pensées et dans le ressenti d’Efina et de T ; on y dérive comme sur un lac tranquille dont les eaux pourraient à tout moment se creuser et retourner notre esquif.

 

Les lettres que s’échangent les personnages principaux, qu’elles soient réelles ou imaginaires, nous permettent de remonter dans le passé et de parcourir le futur, sans que le lecteur ne puisse jamais se reposer sur la linéarité du temps, ni reconnaître le présent. Le vrai et le faux s’estompent en un camaïeu de sensations.

 

Ce roman m’a beaucoup séduit.

 

Cliquer ici pour consulter les autres livres / auteurs de ce blog.

 

Repost 0
Published by Tioufout - dans Livres
commenter cet article
13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 08:38

marie-ndiaye-autoportrait-en-vert.jpgC’est par un rose vif de couverture que Marie NDiaye nous attire dans son Autoportrait en vert, comme pour nous prévenir que les apparences peuvent nous tromper, que la vérité se cache parfois sous les formes les plus surprenantes.

 

Depuis plusieurs mois je souhaitais découvrir cet auteur dont les critiques disaient grand bien. L’attribution du Prix Goncourt et la polémique qui en s’en suivit grâce à l’inénarrable commentaire d’Eric Raoult amplifia mon envie. Mais le succès vida les linéaires des médiathèques et je ne pu trouver que cet autoportrait.

 

Dans ce récit à l’écriture simple et belle, l’auteur nous entraîne sur les bords de la Garonne menacées par une crue. L’imaginaire se mêle à la réalité, le faux ne se distingue plus du vrai et des femmes, toujours vêtues de vert peuplent ce récit. Le roman s’émaille de clichés qui ajoutent à l’onirisme du texte et qui lui répondent avec un savant mélange de netteté et de flou (artistique, cela va s’en dire).

 

Ces apparitions de vêtements verts m’ont rappelé La liste de Schindler, le merveilleux film de Steven Spielberg et les deux fameuses scènes où le rouge de la robe de la petite fille tranchait sur la pellicule en noir et blanc. Le vert, affirme Marie NDiaye est une couleur qui «ne saurait être, néanmoins, la seule couleur de la méchanceté». Me voila rassuré : il me semblait, au contraire, que peu de mouvements violents avaient choisi le vert comme emblème.

 

Quelle est la part d’autobiographie dans cet autoportrait ; moins probablement que le titre ne nous incite à le croire. Cependant, lors que la narratrice raconte ses retrouvailles avec son père à Ouagadougou, au Burkina Faso, on se sent emporté sur un chemin personnel.

 

Ce livre m’a donné envie de découvrir les autres romans de Marie NDiaye.

 

Cliquer ici pour consulter les autres livres / auteurs de ce blog.

 

 

Repost 0
Published by Tioufout - dans Livres
commenter cet article
2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 08:13

pierre-michon-le-roi-du-bois.jpgUn adolescent paysan, Gian Domenico Desiderii, qui amène ses cochons déguster des glands dans la forêt, aperçoit une jeune femme sortir d’un carrosse et satisfaire à l’appel de la nature, après avoir troussé une magnifique robe bleue. C’est décidé, il veut sortir de sa condition de manant et devenir riche et respecté.

 

Une rencontre imprévue avec le peintre Claude Le Lorrain, après duquel il va travailler et peindre pendant 20 ans lui donne cette occasion. Pourtant il ne parviendra jamais à s’extraire de sa condition, et, séparé du peintre, il retrouvera une vie rude, et ne règnera plus que sur les écuries et les forets d’un noble. Il aura alors cette phrase pleine de haine : «Maudissez le monde, il vous le rend bien». 

 

Que pourrais-je bien dire de ce petit livre à l’écriture épurée et soignée ? La rage et la haine supposent-elles un écrin de jolies phrases ou méritent elles de la grandeur, de l’emphase, de la force et de la puissance. Au final, cet opuscule m’aura laissé indifférent.


Cliquer ici pour consulter les autres livres / auteurs de ce blog.

Repost 0
Published by Tioufout - dans Livres
commenter cet article
25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 08:22

Je suis un autre en pleine conscience de moi, ce qui en soi ne saurait se révéler plus compliqué qu’un jeu de lego. Mais ce jeu traduirait-il le je de l’ego ou, paradoxalement, la fonction unificatrice du jeu enfermerait-elle le monde intérieur à l’extérieur de la pensée ?

 

Focalisé sur ma psyché objective dont aucun langage ne peut expliquer l’identité, je contemple mon ça, un travail fractionné et ardu sur moi, recherchant le médiateur introspectif entre la connaissance et la conscience réflexive.

 

Je perçois empiriquement la transcendance de mon autonomie mais aussi, en parallèle, la solitude essentielle de moi, entendu comme sujet pensant, dans mes rapports à autrui me regardant sans indulgence comme objet.

 

Puis je m’endors.


Voir l'origine des désirs théicoles sur Désirs Théicoles : Poésie et loufoquerie autour d’une tasse de thé
Repost 0
Published by Tioufout - dans Désir Théicole
commenter cet article
24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 08:49

sepulveda-luis-le-monde-du-bout-du-monde.jpgLa Patagonie et plus précisément la Terre de feu, ne me laissent pas indifférent. Alors, quand j’ai lu le titre de ce roman j’ai pressenti que le bout du monde pour un auteur chilien ne saurait faire référence à une autre partie du monde.

 

Le héros vit à Hambourg et travaille comme journaliste free-lance notamment pour des organisations de protection de l’environnement. Le naufrage d’un baleinier japonais (qui bien sûr capture les cétacés à des visées scientifiques, car la restauration semble être là-bas une science) dans l’un des innombrables canaux de la Terre de feu lui donne l’occasion de retourner au Chili.

 

Entre légendes du grand sud et enquête environnementale,  Luis Sepúlveda nous offre un roman qui intéressera surtout les amoureux de ce bout du monde ; il révulsera tous ceux qui abhorrent les nippons et autres dévoreurs d’espèces en voie de disparition ; ces mêmes Nippons qui viennent d’empêcher la mise en place d’une protection des thons rouges.


Cliquer ici pour consulter les autres livres / auteurs de ce blog.
Repost 0
Published by Tioufout - dans Livres
commenter cet article
22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 08:37
Une laitière possède 3 bidons : un de 3 litres, un de 5 litres et un de 8 litres.

Elle vient de remplir le bidon de 8 litres, ceux de 3 et de 5 sont vides. Elle doit préparer une livraison de 2 fois 4 litres. Comment fait-elle? 

Vous pouvez poster vos propositions de réponses dans les commentaires. Pour ceux qui cherchent, attention, les commentaires peuvent contenir la réponse!

  
Repost 0
Published by Tioufout - dans Charade et Enigmes
commenter cet article
18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 08:17

cadence-stephane-velut.gifCadence a obtenu une bonne critique de Télérama si ma mémoire ne me trahit pas et je l’avais noté comme livre et auteur à découvrir.

 

C’est peu de d’écrire que le livre est étrange !

 

Un peintre, dans l’Allemagne de 1933, au 18 de la Betrachtungstrasse, prend une commande du régime hitlérien pour représenter la jeunesse allemande. Le gouvernement lui met à disposition une modèle, à l’age indéfini mais qu’on devine une jeune adolescente. Cette jeune fille vient habiter chez le peintre.

 

Les ambitions du peintre prennent rapidement une tournure différente et il va se servir de ce modèle pour assouvir son fantasme ; il va en faire sa poupée. Il fait réaliser par son ami Werner Troost, spécialiste en matériel orthopédique, une gangue de cuir et de métal qui enveloppera complètement le corps de sa poupée et cliquettera lorsqu’elle se déplacera. Il la pendra au plafond grâce à un crochet fixé dans le dos ou il la fixera au mur via un crochet fixé sur la poitrine. D’abord avec l’aide de la concierge, Felice, puis seule, la jeune fille enfilera chaque matin son corset, jusqu’à atrophier ses muscles et ne plus pouvoir se mouvoir sans lui.

 

Il rencontrera, Dora, dont on apprendra qu’elle est la mère de l’adolescente, elle-même appareillée et qu’il finira par … non vous le découvrirez vous-même.

 

Ce livre se veut le journal du peintre écrit en attendant que les autorités viennent l’arrêter. Le lecteur se plonge dans son esprit névrosé du peintre jusqu’au haut le cœur, jusqu’au dégoût, dans la peau d’un voyeur qui contemple impuissant la dégénérescence d’un homme et la torture d’une fille.


L’écriture, vive, témoigne d’un style réfléchi et maîtrisé, mise au service d’une atmosphère romanesque pesante, glauque et malsaine. Par certains aspects, il m’a rappelé le héros des Bienveillantes de Jonathan Littell. La plongée dans les méandres de ce quasi huis clos fascine et dérange, mais ne laisse pas indifférent et rien que pour cela, ce livre mérite le détour.

 

Face à un tel roman il apparaît facile d’y voir allégories et symboles. Le peintre symboliserait-il une certaine forme d’art dont l’aboutissement est l’assouvissement des fantasmes de l’artiste. L’enfermement de la jeune fille dans un carcan dont jouit le peintre serait-il l’allégorie des camps de concentrations mélangeant sadisme et fascination chez les geôliers ? L’artiste serait-il seul conscient en face de la masse de la population mais finirait absorbée par elle, son pouvoir de résistance cédant ?

 

Le peintre, initialement très critique envers le régime nazi, va petit à petit et, semble-t-il, malgré lui, y adhérer, d’abord avec désolation puis avec enthousiasme. Pour symboliser cette mutation, l’auteur recourt à la transformation animale que subissent l’artiste et ses compatriotes. Seulement, ce procédé a déjà été utilisé par Franz Kafka (La métamorphose) ou par Eugène Ionesco (Rhinocéros) ; Stéphane Velut n’est pas encore de la trempe de ces auteurs et il ne renouvelle pas le genre. Il laisse juste une impression de redite.

 

Je ne résiste pas à vous faire partager ce qui est écrit en préambule : Stéphane Velut « affectionne la lettre K, les villes désertes le dimanche. Et il écrit la nuit. » L’auteur n’est pas comme nous : il aime une lettre, le K (pour Kafka, K-danse ou en hommage à Dino Buzzati ?) . On imagine l’écrivain arpentant une ville morte, le dimanche soir. Le monde dort pendant que l’auteur, mu par un besoin irrépressible de coucher sur papier ses réflexions. Avant même que le roman ne commence, le lecteur sait qu’il va côtoyer l’exceptionnel, le fantastique. Chacun jugera si le livre tient cette promesse.

Cliquer ici pour consulter les autres livres / auteurs de ce blog.
Repost 0
Published by Tioufout - dans Livres
commenter cet article
6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 11:01

Ce blog va connaître une semaine de jachère le temps d'une pause dans un désert que je vous raconterai au retour.

Repost 0
Published by Tioufout
commenter cet article
27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 08:18
Je tourne autour du bois, mais jamais je n'y entre.

Pourquoi ...?

Vous pouvez poster vos propositions de réponses dans les commentaires. Pour ceux qui cherchent, attention, les commentaires peuvent contenir la réponse!
 
Repost 0
Published by Tioufout - dans Charade et Enigmes
commenter cet article