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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 08:30

J'ai entendu cette expression récemment.

"Je ne peux pas rapporter les assiettes, je tiens mon pouce!"

 

La créativité n'a de borne que celle de notre imagination!

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 08:22

Eric-Fottorino---L-homme-qui-m-aimait-tout-bas.jpgLe père du narrateur vient de se suicider d’une balle tirée dans la bouche, dans sa vieille voiture, sur un parking isolé. Des lettres parviennent à ses proches le surlendemain comme dernier témoignage d’un homme qui parlait peu.

 

Ce roman, écrit à la première personne, respire l’autobiographie. Le narrateur, persuadé qu’il s’agit de l’unique moyen pour que son père survive, doit écrire à son sujet, sans bien savoir au début la forme que prendra son récit.

 

On y découvre un Michel Fottorino, pied noir de Tunisie, imprégné de ce pays, de sa culture et en particulier de sa nourriture. Masseur Kinésithérapeute, il s’exprime avec ses mains et, à l’ancienne, avant que le métier devienne technique et commercial, il consacre chaque séance à un patient et à son écoute.

 

Michel Fottorino adopte l’auteur, né d’un père juif marocain, mais que la famille de la mère ne reconnaîtra jamais. Ce père qui lui donna son nom, mais pas son sang, puis deux frères, comptera énormément ; il lui apprendra la confiance en soi, il lui fournira une référence et une complicité faite de silences et de courses cyclistes.

 

L’homme qui m’aimait tout bas touche par la pudeur et l’amour transparaissant à chaque page, au détour d’une anecdote, d’un souvenir de pâtisseries tunisiennes dégoulinantes de miel, d’un massage d’après entraînement de vélo.

 

Ce livre est un hymne à l’amour d’un fils pour son père. Je vous le conseille.

 

Cliquer ici pour consulter les autres livres / auteurs de ce blog.

 

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 08:32

Partira, partira pas ? Les grandes manoeuvres sont déclarées; qui conservera son maroquin, qui prendra celui du voisin ? Qui sera le numéro 2 et qui accèdera au rang envié de numéro3 ? La foire bovine à l’ambition, à l’ego, au pouvoir recommence sous le regard gourmand de ceux qui en vivent et la tristesse désabusée des autres.

 

Et le service de l’Etat dans tout ça ?

 

Le quoi ?

 

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 08:27

J'ai ré-écrit ce désir. Vous pouvez le consulter en cliquant sur le lien suivant Désir n°8: Effeuiller la rose de Damas 

 

Voir l'origine des désirs théicoles sur Désirs Théicoles : Poésie et loufoquerie autour d’une tasse de thé

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 08:03

Yves Ravey – L’épaveList, apprenti mécanicien, a l’habitude de piller les véhicules victimes d’accidents dans un virage en dévers qui y est propice. Un jour, il dérobe des objets familiers (photo, chaussures, poupées, etc.) d’une famille allemande qui revenait de vacances en Espagne et qui a péri dans l’accident. 

 

Le père du conducteur vient sur les lieux du drame et tente de récupérer le maximum d’objets ayant appartenus à son fils et à sa petite fille, avec lesquels il n’avait pratiquement aucune relation. Sa quête est celle d’un père en recherche d’une mémoire de son fils.

 

Ce père allemand possède de l’argent. List possède les objets recherchés. Il va les distiller les uns après les autres au père lui laissant croire qu’il se les procure après une longue enquête.

 

Ce List a une mère. Il s’est aussi marié avec Fabiola, une fille, au corps élancé et aux habits courts, qui a d’autres ambitions que de passer son temps dans un garage. Les relations entre ses divers vont évoluer dans un sens étonnant.

 

Le roman est court et se lit en une soirée, comme Bambi Bar, écrit aussi par Yves Ravey. Ce n’est pas un chef d’œuvre, loin de là, mais on ne regrette pas sa lecture.

 

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 08:29

J’ai d’abord songé que ce serait d’une enfantine simplicité, à peine plus compliqué que de gagner au Kiboalo, ce jeu où il faut réussir à envoyer trois cailloux à une distance d’au moins dix pieds dans un petit trou creusé dans la terre.

 

Graver le bruit de la mer sur le baobab cinquantenaire de la place du village, ne m’a d’ailleurs pas demandé plus de trois nuits de réflexion et cinq heures de réalisation. Les anciens approuvèrent avec condescendance, mais j’ai bien senti qu’ils étaient impressionnés.

 

Cueillir la plume de tigre m’a imposé à peine plus d’effort, inutile de m’y attarder. Voler sur un tapis de fourmis exigea, j’en conviens, de mobiliser toute ma connaissance des légendes et de la mythologie. Mais ensuite j’ai volé, volé si longtemps ! J’ai contemplé la mer et le sommet de la montagne comme personne jusqu’ici ne l’avait fait. Quand j’ai raconté ces visions splendides, j’ai surpris le regard brillant d’un ou deux anciens ; les enfants croyaient que je mentais, comme si leur raison pourtant encore balbutiante refusait ce que leurs yeux ne pouvaient nier.

 

Façonner un nuage en forme de rêve de girafe s’avéra paradoxalement beaucoup plus aisé et oserai-je dire plus amusant, que de franchir les chutes du Vacolla en trompe d’éléphant ; je gémissais sous l’effort colossal que ce défi requérait mais l’ennui me gagnait et je faillis m’avouer vaincu au bout de 5 jours plus fastidieux encore que le puisage de l’eau.

 

Le conseil des vieux pensait sûrement que jamais je ne ramènerais le coffre renfermant toutes les feuilles de la forêt ou que je porterais ma vie durant la honte de tout un pays pour avoir échoué à tresser une natte au serpent vert des grottes d’Abromar. Une nouvelle fois cependant le triomphe a embelli ma réputation, que l’on dit désormais reconnue par delà nos frontières Nord et Est.

 

J’approche maintenant du but et ceux dont je porte la confiance se rassemblent et dansent. Je comprends bien sûr, mais je redoute aussi cette réjouissance prématurée et la malchance qu’elle pourrait m’attirer. Il me reste à traverser le Zambèze à dos d’alligator à écailles de sirène. Puis, enfin, ce sera ce qu’aucun homme de notre temps n’a jamais encore imaginé. Je résiste à l’angoisse que cette pensée fait naître; chaque chose en son temps.

 

Voir l'origine des désirs théicoles sur Désirs Théicoles : Poésie et loufoquerie autour d’une tasse de thé

 

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 08:26

Amelie-Nothomb---Voyage-d-hiver.JPGGrâce à sa bibliographie souvent originale bien que de qualité littéraire fort variable, je suis attentif aux livres d’Amélie Nothomb. Parfois enchanté, souvent déçu, je lis sa publication souvent avec une bonne année de retard, après que le soufflé de la rentrée est retombé.

 

Voyage d’hiver a certainement du faire les beaux rayonnages de la rentrée 2009 et Amélie a probablement donné maintes interviews. Méritait-elle cette exposition médiatique ? Qu’on en juge.

 

Zoïle (ses parents attendaient une fille qu’ils voulaient prénommer Zoé), veut faire sauter un avion. Pourquoi donc ? Remontons le cours du temps. Le roman débute lorsqu’il se rend chez une romancière qui vient d’emménager pour lui proposer des solutions énergétiques. Deux femmes (Aliénor et Astrolabe) habitent un petit appartement glacial ; une magnifique malgré les couches de vêtements chauds et une attardée mentale. Evidemment, la romancière n’est pas celle que l’on croit ; Zoïle parviendra-t-il à faire céder son amoureuse ? Un bon trip dû à des champignons hallucinogènes aidera-t-il le héros ? Quel est donc ce symbolisme du A qui poursuit Zoïle ?

 

Il y a du bon dans ce roman et c’est ce qui fait la force d’Amélie Nothomb : De jolis noms, un sens prononcé des dialogues, de l’humour, une originalité du thème. Il y a du moins bon : tout le reste.

 

Ce livre est sans aucun doute celui que je préfère le moins (ou que je déteste le plus ?). Pour reprendre une idée d’un blogueur qui la tenait semble-t-il du Nouvel Observateur, je ne saurais trop conseiller à Amélie Nothomb qui affirme posséder un stock de romans, de ne publier que les meilleurs.

 

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 08:06

Town---Ben-Affleck-copie-1.jpgRéalisé par Ben Affleck en 2010, avec Ben Affleck, Rebecca Hall, Jon Hamm, etc.

 

Doug MacRay, avec sa bande de braqueurs irlandais, attaque banques et convois. Pour couvrir leur fuite, les malfrats prennent en otage Claire Keesey, la directrice de la succursale bancaire qu’ils viennent de dévaliser. Ils se rendent compte qu’elle habite dans le même quartier qu’eux, à Charlestown. Claire en réalise pas que l’homme charmeur qu’elle croit avoir rencontré par hasard à la laverie, la surveille et veut savoir si elle a parlé avec le FBI.

 

Bien sûr,  le malfrat s’ammourache de la directrice. Il aimerait bien renoncer à ses illicites activités et se ranger ; mais le milieu le force à commettre de nouveaux forfaits. Comme le film est américain, vous devinerez assez vite l’épilogue.

 

Au final, le film est très honnête ; il se regarde  avec plaisir même s’il ne restera pas dans le top 10 de la décennie.

 

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 08:11

Arnaldur-Indridason---Hiver-arctique.jpgArnaldur Indridason, auteur islandais, commence à conquérir sa petite renommée en France. Découvert lors de la préparation du voyage en Islande il y a deux ans, je guette la parution des traductions de ses livres.

 

Il écrit des romans policiers teintés, à chaque fois, d’un problème de société qui affecte l’Islande.

 

Hiver arctique débute par la découverte du corps poignardé d’un petit garçon d’origine thaïlandaise dans la banlieue de Reykjavik. L’équipe du commissaire Erlendur, Sigurdur Oli et Elinborg mène l’enquête sur ce qui semble apparaître très vite comme un crime raciste.

 

Arnaldur Indridason explore la thématique de l’immigration en Islande. Ce petit pays, maintenu longtemps fortement isolé du reste du monde par sa situation géographique, vit désormais avec un afflux d’immigrés de différents continents et en particulier d’Asie. Les quelques centaines de milliers d’Islandais s’interrogent sur la préservation de leur culture et de leur langue face à ces étrangers qui veulent maintenir leurs propres traditions et ne souhaitent pas tous s’intégrer.

 

Ce roman résonne étrangement dans le débat sur l’identité nationale qui agite la France. Etre islandais est-ce simplement habité sur l’île ou est-ce partager une culture, une langue, des valeurs ? Les islandais sont-ils un peuple ou un agglomérat de communauté ?

 

L’histoire principale d’Hiver arctique s’entrecroise aussi avec la disparition d’une femme qui venait d’apprendre que son mari lui était infidèle depuis longtemps. Elle voit aussi revenir Eva Lind, la fille d’Erlendur, et Valgerdur sa nouvelle compagne.

 

Le roman se lit facilement grâce à ses personnages que l’on perçoit ancrés dans une forte tradition. Le thème qu’il aborde incite aussi à la réflexion. Pourtant se roman vaut surtout pour moi par le fait qu’il soit écrit par un islandais et  qu’il se déroule en Islande. Cela rappelle l’atmosphère des vacances !

 

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 08:10

Quand j'ai  commencé à réfléchir à la destination des vacances, l’Irlande s’est rapidement imposée. Et là, je me suis rendu compte que le Connemara était en Irlande; pendant des années j’ai bêtement cru que c’était en Ecosse. La faute à la chanson de Michel Sardou, les lacs du Connemara, et à ces monstres des lacs qu'on voit nager certains soirs d'été et replonger pour l'éternité. Monstre des lacs ? Le Loch Ness bien sûr, et donc l’Ecosse.

 

Finalement, cette chanson décrit-elle l’Irlande ? Après une semaine passée sur place, voyons cela ensemble.

 

Les lacs du Connemara

 

Déjà c’est clair dès le titre ; les paroliers n’ont pas choisi l’option Mystère en dernière année d’école d’écriture. Ca va parler de lacs, mais pas n’importe lesquels, de ceux du Connemara. Pourquoi pas ceux du Vestfirðir en Islande ou ceux de la Likouala au Congo, nul ne le sait ; peut-être que Sardou a lu un article dans Géo ou que l’ambassade d’Irlande lui a passé une commande spéciale afin d’attirer les touristes en échange d’un cottage en pierre brute ou quelques moutons. Bref, Michel Sardou appelle Pierre Delanoë, lui parle de son rêve de gosse de mener un troupeau d’agneaux à la prairie et il le convainc du bonheur d’arpenter les tourbières.

 

Terre brûlée au vent

Des landes de pierre

Autour des lacs

 

Quand ils ont entendu ça à l’ambassade, ils ont failli renverser leurs pintes de Guinness. Sûr que l'endroit ne ressemble pas aux jardins de l’Alhambra, mais qui visitera les régions dévastées par un terrible incendie qui a brûlé jusqu’à la terre ? En plus le vent souffle et doit faire voler les cendres ? Les promeneurs doivent s’y balader en combinaison intégrale. En tout cas nous voilà prévenus, le Connemara c’est de l’eau, des cailloux et du vent.

 

C'est pour les vivants

Un peu d'enfer

 

Si on n’avait pas compris, Sardou enfonce le clou. C’est l’enfer mais spécifiquement pour les vivants ; pour les trépassés rien n’est dit, par conséquent on suppose que les morts y sont peut-être même heureux. En enfer se retrouvent tous les pires pécheurs de la création. Donc l’endroit est un immense cimetière avec des tueurs, des violeurs et autres responsables de graves crimes. Waouh, ça fait diablement envie !

 

Le Connemara

 

On pouvait encore croire à une méprise, un titre qui induisait en erreur, mais non, l’auteur persiste. L’Ambassadeur peut tranquillement s’effondrer dans son assiette de pudding.

 

Des nuages noirs

Qui viennent du nord

Colorent la terre

Les lacs, les rivières

 

En plus du vent, il y a des nuages. Pas moyen de faire une belle photo, pas de contraste, tout est sombre, la terre et l’eau ; au cas où il y aurait le moindre doute, où seuls les lacs seraient noirs, Sardou précise que les rivières le sont aussi. Rien n’est dit sur les mares, les rus, les marais et les torrents, mais j’imagine qu’ils sont bien noirauds également.

 

C'est le décor

Du Connemara

 

Ah, voilà ! Il s’agit d’un décor. Nous sommes en plein film ; ce n’est pas le vrai paysage. Nous respirons. Sacrés farceurs ces auteurs ! Faut bien dire que sinon, nous quitterions ces premiers couplets sur un résumé à faire fuir Nicolas Hulot : Connemara = Terre brûlée, cailloux, vent, nuages noirs.

Au printemps suivant

Le ciel irlandais

Etait en paix

 

Quelle était la saison au début de la chanson ? On ne sait pas, mais maintenant c’est le printemps. Donc le ciel est en paix ; il devait être en guerre avant avec des chasseurs F16 ou des mirages 2000 ; on comprend que les auteurs n’en aient pas parlé avant, car en plus du temps pourri et du paysage désolé, va-t-en appâter le touriste dans un pays en guerre.  Imagine le vacancier à Verdun en 1916 !

 

Maureen a plongé

Nue dans un lac

Du Connemara

 

Ah ! Un peu d’érotisme. Jusqu’ici on ne peut pas dire que le Connemara faisait palpiter les sens ; donc les auteurs ont du se dire qu’une fille nue, ça marcherait toujours. On ne sait pas qui est cette Maureen. Maureen Dor ? Non, elle avait 11 ans à l’époque ? Pas très irlandaise ou alors elle s’est teinte en rousse. Il s’agit plus probablement de Maureen O’Hara, mais elle est née en 1920 ; je ne suis pas sûr qu’à part quelque gérontophiles beaucoup de touristes se déplacent pour la voir, même à poil.

 

Sean Kelly s'est dit

Je suis catholique

 

Ca, c’est une info, mais les affirmations religieuses d’un cycliste n’intéressent pas grand monde. Et puis qu’est ce qu’il fait là, comme par hasard, Sean Kelly ? Il devait avoir besoin de bouffer du bitume pour s’entraîner à la prochaine course des vétérans et voilà qu’il tombe sur cette vieille Maureen en tenue d’Eve, sans même la marque du cuissard, sortant des eaux froides du lac ; il se dit que c’est un miracle, un vrai à tomber de sa selle. Si ce n’est pas une preuve de l’existence de Dieu, quoi le sera ! Le miracle le fait catholique.

 

Maureen aussi

 

Pas très indépendante la Maureen, ni très créatifs les auteurs !

 

L'église en granit

De Limerick

Maureen a dit oui

 

Sean Kelly emmène Maureen sur son vélo, en danseuse pour la laisser s’asseoir et il pédale jusqu’à Limerick. Sacré trotte quand même, champion cycliste ou pas. Je vous laisse imaginer les crampes dans les jambes de Maureen, essayez de rester assis sur un vélo sans toucher le cadre ou le sol, pendant que quelqu’un pédale et vous m’en direz des nouvelles ! Arrivés devant l’église, Sean et Maureen descendent de bicyclette. Sean est affamé, après des heures d’effort. Il demande à Maureen si ça lui dirait de manger un fish & chips dans le pub en face. Maureen aurait pu dire non, elle trouve les frites trop grasses, mais Maureen a dit oui, pour faire plaisir à Sean ; cela faisait bien quarante ans que quelqu’un ne l’avait pas draguée. Ils décident d’inviter leurs amis à une gigantesque Kebab partie pour le week-end suivant.

 

De Tiperrary

Bally-Connelly

Et de Galway

Ils sont arrivés

Dans le comté

Du Connemara

 

Bon, pour Tiperrary et Galway, OK ; mais Bally-Connelly c’est en plein Connemara. Sardou n’a pas dû récolter une bonne note en histoire géo au bac. Faut dire qu’en 1981 à l’époque ou la chanson a été écrite, Internet n’existait pas. Quoi ? Il y avait des atlas ? Ah bon.

 

Y avait les Connors

Les O'Conelly

Les Flaherty

Du Ring of Kerry

 

Trois familles étaient donc invitées à la fête; je me demande bien laquelle habitait Galway entre les Connors et les O’Conelly. Je dirais les Connors, qui y tiennent une pâtisserie. Les O’Conelly venant sûrement de Bally-Connelly ; pas très original mais bon pour la rime. Dans ce cas, il reste Tipperary, dont on ne sait pas qui en est venu. Manque d’inspiration ? Pourtant il y avait des noms possibles : O’Brien, O’Toole, Cahill, et des milliers d’autres.

 

Et de quoi boire

Trois jours et deux nuits

 

Et après, pour finir la fête, plus rien à siroter ? Non, rien que de l’eau. Les kebabs par contre étaient à volonté.

 

Là-bas, au Connemara

On sait tout le prix du silence

 

Au cours de 1981, le gramme de silence (qui est d’or comme Sardou ne l’ignorait pas) s’achetait autour de 160 Francs, mais aujourd’hui les habitants savent que le silence vaut environ 31 euros le gramme.

 

Là-bas, au Connemara

On dit que la vie

C'est une folie

 

On dit aussi que la mort c’est une bêtise, que l’amour c’est une absurdité, que l’amitié c’est une divagation, que la foi c’est une inconscience ; mais bon, les auteurs se sont arrêtés à la première citation.  Delanoë voulait faire une pause, bourrer sa pipe et tirer quelques bouffées ; la première était la bonne.

 

Et que la folie

Ça se danse

 

Le seul hic, c’est qu’au lieu de la bourrer de tabac, il a rempli sa pipe de bruyère en fleurs pas encore sèche et ça lui est monté au cerveau. Il aurait tout aussi bien pu le faire avec la deuxième citation : ‘et que la mort ça se danse’.

 

Terre brûlée au vent

Des landes de pierre

Autour des lacs

C'est pour les vivants

Un peu d'enfer

Le Connemara

Des nuages noirs

Qui viennent du nord

Colorent la terre

Les lacs, les rivières

C'est le décor

Du Connemara

 

Pour ceux qui se seraient laissés distraire par l’aventure en tandem de Sean Kelly et de Maureen O’Hara et par la méga teuf qui a suivi, rappelons bien que le Connemara ce n’est pas la fête. Il y fait très mauvais, il y a de l’eau, de la terre noire et des cailloux.

 

On y vit encore

Au temps des Gaels

Et de Cromwell

 

Oliver Cromwell, 1599 – 1658 ; pas très évolués les Irlandais, presque moyenâgeux.  Pour le coup c’est toute l’Ambassade d’Irlande qui a envisagé un suicide collectif. Vous vous voyez visiter le pays sans voiture, à cheval sur les chemins boueux ? A manger de la graisse de porc au petit-déjeuner avant de vous laver au baquet d’eau froide une fois le mois ? Le troupeau de moutons promis par l’ambassade s’annonce mal !

 

Au rythme des pluies

Et du soleil

 

Brusque éclaircie de lucidité ; les auteurs se rendent comptent qu’ils sabordent le projet touristique qu’on leur a confié. Ils décident de laisser entrevoir que parfois le soleil peut briller.  Ils passent malheureusement le rythme sous silence (ce qui est presque un oxymore) : une heure de soleil, une semaine de pluie.

 

Au pas des chevaux

 

Ah, non, voilà le rythme, tac-tac, tac-tac, tac-tac, des chevaux qui tirent les carrioles dans les ornières profondes. On pouvait aussi imaginer le tic-tic-tic-tic des moutons, mais foin de la créativité !

 

On y croit encore

Aux monstres des lacs

Qu'on voit nager

Certains soirs d'été

Et replonger

Pour l'éternité

 

L’allusion à Nessie, le gentil habitant du Loch Ness est transparente. Le problème c’est que le Loch Ness est en Ecosse et pas en Irlande. Alors l’office du tourisme de Galway il n’est pas content, mais alors pas content du tout. Et il l’a fait savoir à l’Ambassadeur à Paris en accompagnant sa boîte de Ferrero d’un libelle au vitriol contre les chanteurs français incultes : qu’ils ne mettent jamais les pieds chez nous, je suis pour, conclut-il. En plus, si le monstre disparaît pour l’éternité, il n’y a plus aucune chance de le voir. On essaie d’attirer le chaland avec des gros poissons, mais pour le voir, raté ! C’est monstrueux comme publicité mensongère !

 

On y voit encore

Des hommes d'ailleurs

 

Avec le portrait du Connemara qui a été brossé, on est surpris que d’autres que des Irlandais y puissent vivre.

 

Venus chercher

Le repos de l'âme

 

Ah voilà, le repos de l’âme. Ils sont venus y décéder. C’est cohérent avec le fait que le Connemara soit un peu d’enfer pour les vivants et un paradis pour les morts. En tout cas, sympa la chanson. Sardou a décidé d’inviter au pays tous ceux qui veulent mourir ; le coin doit ressembler à un funérarium à ciel ouvert.

 

Et pour le cœur

Un goût de meilleur

 

Et en plus on y mange du cœur, qui y aurait meilleur goût qu’ailleurs. C’est de plus en plus glauque.

 

L'on y croit encore

Que le jour viendra

Il est tout près

 

Les habitants du Connemara, la nuit, ils croient que le jour viendra. Comme on y vit comme au Moyen-Âge, le peuple ne sait pas que la terre tourne autour du soleil et que sans le moindre doute, le jour viendra après la nuit. Heureusement qu’ils ont cette croyance sinon ils se suicideraient … et trouveraient le fameux repos de l’âme que les étrangers viennent chercher. En plus c’est sûr que si on parle de demain, alors le jour est vraiment tout près.

 

Où les Irlandais

Feront la paix

Autour de la croix

 

C’est sûrement une tradition locale : à chaque lever du jour, les camps ennemis se rassemblent autour d’une croix en bois posée par terre, dont les bras indiquent les frontières de chaque tribu.  Là Sardou s’est dit que terminer sur la paix ça devait contrebalancer un peu toutes les horreurs qu’il a écrites jusqu’alors. La paix, la colombe, le rameau d’olivier, c’est tellement mignon.

 

Là-bas, au Connemara

On sait tout le prix de la guerre

 

On savait déjà qu’au Connemara on connaissait le prix du silence (31 euro le gramme rappelez vous), on apprend maintenant qu’on y connaît aussi celui de la guerre. Entre 4 et 6 millions d’euro la semaine pour un petit pays. En tout cas, les Irlandais doivent être de sacrés consommateurs, à tout savoir sur les prix comme ça.

 

Là-bas, au Connemara

On n'accepte pas

La paix des Gallois

 

Le jour de la paix était tout près, brusquement il n’arrivera jamais. La tribu de Louis Gallois voudrait bien cesser les hostilités afin de vendre encore plus d’Airbus à Ryan Air (ou de TGV à la Royal Railway à l’époque). Elle est en guerre avec celle de Mickey O’Boeing.  Autour de la croix, dans un pub, lors d’une soirée mousse, il s’en fiche le Louis, il est même prêt à manger du trèfle et à manger des tripes au saindoux, mais il veut la paix. Au Connemara ils n’ont pas d’aéroport puisque le moyen de transport le plus rapide c’est le cheval, alors vous pensez si la paix de Gallois ils en donneraient une demi pinte !

 

Ni celle des rois d'Angleterre

 

Sardou et Delanoë sont épuisés. Ils se rendent bien compte que leur publicité pour le Connemara est peu aguichante : un cimetière, des cailloux, de l’eau noire, de la terre brûlé, une vieille femme nue, des monstres qu’ont ne verra plus jamais, des consommateurs qui achètent et vendent du silence et de la guerre et par-dessus tout un temps pourri. Ils sortent alors l’arme suprême, l’aversion atavique des Français pour les Anglais, le dédain de la toujours perfide Albion, le mépris pour le chapeau melon. Si le Connemara s’oppose à l’Angleterre, alors il est indubitablement notre ami; allons visiter notre ami!

 

Et voilà comment une chanson sur le Connemara, un de plus grands tubes de Sardou, peut se révêler une belle publicité mensongère !

 

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