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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 08:25

Marie-Ndiaye---La-sorciere.JPGLa sorcière constitue ma deuxième incursion dans l’œuvre de Marie Ndiaye, auteur découverte grâce au prix Goncourt, qui, une fois n’est pas coutume, m’aura donc été utile.

 

Lucie est donc une sorcière ; pas vraiment puissante, peu douée ; loin des capacités de sa mère qui pourtant rechignait à les utiliser. Elle initie ses filles à son pouvoir de divination, lesquelles maîtrisent rapidement et avec naturel cet art. Dans la famille, la divination génère des larmes de sang, que les petites, essuient du coin d’un mouchoir. Leur don s’étendra bientôt à la possibilité de conquérir les airs en devenant corneilles.

 

Dans ce roman cohabite le fantastique le plus pur, dont aucune explication rationnelle ne vient troubler la force, et le naturel le plus banal. Malgré son statut de sorcière et son petit pouvoir, Lucie subit les évènements de la vie sans les diriger. Son mari la quitte avec son argent, ses filles l’abandonnent, ses parents divorcés refusent de se réconcilier, elle goûte à la prison ; sa voisine même apparaît déchirée entre un pouvoir de métamorphose et une existence misérable.

 

Quelle est la place de la différence dans notre société moderne ? Qui croît encore à la sorcellerie ? Qu’apporte le don (ici de divination) s’il échoue à procurer un avantage concret à son détenteur ? C’est dans la mise en écho d’un univers actuel et de croyances anciennes, qui renverse les codes communément admis de leurs relations, que le roman réussit à faire passer un bon moment au lecteur.

 

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 08:22

Alors que je discutai avec un ami pêcheur à la peau parcheminée et à la chevelure coiffée de vent de mes envies de placement financier dans la capitale du Royaume Uni, il me donna ce conseil avisé : Ne pas lâcher la lamproie pour l’omble.

 

Tandis que je méditai sur ce proverbe d'inspiration piscicole, je me souvins que nous devions aller visiter la boutique d'un gemmologiste en vue d’un cadeau, Noël approchant, et je lui demandai d’être aussi chevalier que l’omble et de plier les gaules. Il ne voulu point quitter ce coin poissonneux et me laissa partir quérir le présent, non sans me confier pour l'avenir : Ne pas lâcher l’endroit pour l’ambre.

 

En retour, alors que je cherchais à me garer près de la vitrine dans laquelle brillaient les gemmes, je me dit que mon vieil ami charentais avait bien raison ne pas lâcher La Groie pour Londres.

 

Finalement, basketteur de talent mais passioné d'écriture, devais-je envisager de devenir écrivain à temps plein ou valait-il mieux ne pas lâcher la Pro A pour l’encre ?

 

J'hésite. 

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 08:23

Jonathan Coe – The rain before it fallsRosamond, une vieille dame, vient de mourir. Elle laisse près d’elle 4 cassettes audio et 20 photographies. Ce legs particulier est destiné à Imogen, une cousine, aveugle, qu’elle a, de son aveu même, très peu connue il y a de nombreuses années. Gil, sa nièce, va tenter de retrouver Imogen, et devant la difficulté à y parvenir, décidera d’écouter avec ses filles, le contenu des cassettes.

 

Rosamond a choisi vingt photos particulièrement représentatives de sa vie et de celle d’Imogen. Elle les décrit avec un luxe de détails qui permet au lecteur de s’imaginer de façon très convaincante le paysage ou les personnages. La narration nous entraîne sur trois générations dans lesquelles les femmes jouent un rôle prédominant. Trois générations de relations difficiles mère fille : Ivy, l’aïeule éprouvait plus de sentiments pour son caniche nommé Bonaparte qu’avec sa fille Beatrix. Beatrix, amie de Rosamond pendant l’adolescence, rendra sa fille Thea responsable de tous ses malheurs. Thea enfin, devra abandonner Imogen, à une famille d’adoption.

 

Les caravanes assurent aussi un rôle central dans le roman mais je vous le laisse découvrir.

 

L’histoire est bien menée, avec une photo ou un objet comme point de départ ; j’ai d’ailleurs l’impression que cette approche gagne en popularité chez les écrivains. Les chapitres s’enchaînent au rythme des photos décrites, à peine entrecoupés par le concert donné par la fille de Gil qui la remplit de fierté, tellement différente des femmes de l’histoire de Rosamond, semble nous asséner l’auteur.

 

Le livre, agréable à lire, manque peut-être soit de souffle épique pour qu’une saga enfle et emplisse l’univers imaginaire du lecteur, soit de sensibilité à facettes et à variations pour que les tourments de l’âme surgissent. On parcourt cette narration comme un tableau pointilliste, mais là où il faut de nombreux points et du recul, le roman pêche, selon moi, par un manque de taches de couleur et aurait mérité davantage de profondeur.  Malgré tout, j’ai passé un bon moment et je vous le conseille.

 

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 08:25

Charles Darwin – L’origine des espècesDes années durant ce livre a silencieusement hanté mon esprit. L’envie de le lire cédait devant les lectures plus faciles qui se présentaient, jouait de malchance lorsque, y pensant, je découvrais qu’il était emprunté. Etonnamment, je n’ai jamais eu le souhait de l’acheter. C’est le partenariat du journal Le Monde avec les éditions Flammarion, les livres qui ont changé le monde, qui m’a fourni l’occasion.

 

L’origine des espèces n’amuse pas le lecteur. Le livre, sérieux, s’adresse à un public de lettrés exigeants et une motivation certaine pour le sujet s’avère indispensable pour parvenir à suivre, jusqu’au bout, la démonstration de Charles darwin.

 

Le livre, publié en 1859, vise à apporter des éléments scientifiques à l’hypothèse de l’évolution du monde. A cette époque, la thèse communément admise et soutenue avec dogmatisme par l’église ; Toutes les espèces d’être vivants furent créées par Dieu dans leur état définitif. Darwin soutient, au contraire, que les espèces actuelles sont des évolutions d’espèces plus anciennes qui se sont adaptées aux changement d’environnement.

 

Darwin ne remet pas en cause l’existence même de Dieu, son livre n’aurait probablement pas pu paraître et il se serait aliéné par principe nombre de soutiens potentiels ; il Lui dénie simplement mais c’est déjà beaucoup la création des espèces. Le livre se base sur des faits recueillis pendant son voyage à bord du Beagle et des constatations établies par d’autres naturalistes. Il montre avec de nombreuses explications (même s’il évoque souvent le manque de place pour éviter de donner tous les détails) comment certaines espèces ont tiré parti de variations locales de leurs conditions de vie pour s’y adapter en développant de nouvelles caractéristiques et former ainsi de nouvelles espèces.

 

Nous sommes loin de « l’homme descend du singe » qui a souvent caricaturé l’œuvre de Darwin bien que ceci soit la conséquence logique de ses affirmations transposées à l’être humain. Il s’agit, bien plus que d’un manifeste philosophique, de l’œuvre d’un scientifique qui demande à être lu et jugé par ses pairs.

 

L’histoire n’est cependant pas écrite. Ce qui peut sembler une évidence à nous autres, Européens, éduqués sous la primauté de la science, ne l’est pas pour de nombreux américains. Le mouvement créationniste revient en force, au point d’obliger les écoles à présenter la théorie de l’évolution comme une explication seulement possible, à coté de l’explication divine. Les dogmes et l’asservissement des consciences pour mieux asseoir un pouvoir religieux et au final économique, font froid dans le dos. Notre civilisation serait-il en train de régresser et préfèrerait-elle de nouveau croire plutôt que comprendre ?

 

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 08:20

Jorn-Riel---Le-garcon-qui-voulait-devenir-un-Etre-Huma.jpgL’auteur est un Danois, il a vécu au Groenland, il réside aujourd’hui en Malaisie, et ses ouvrages racontent le Grand Nord. Ce roman n’est pas le récit d’un aventurier assouvissant sa soif grâce au financement de sponsors en quête d’un label écologique et à la caution scientifique qui rend les médias attentifs. Il s’agit plutôt d’un conte, de ceux qui réchauffent les longues soirées de l’hiver noir, quand le soleil ne point pas à l’horizon.

 

Vers l’an mil, Leiv, un jeune islandais, se joint à l’équipage d’un drakkar cinglant vers le Groenland, afin d’en tuer le capitaine viking qui a assassiné son père. Un naufrage le jette bientôt sur la côte où deux adolescents Inuits le recueillent. Apaluk et Narua lui enseignent leurs coutumes, leurs traditions, leurs langues et leur groupe considère bientôt comme l’un des leurs, comme un Être Humain, ce que signifie leur nom Inuit.

 

Les trois adolescents vivent maintes aventures et affrontent de nombreux périls. Ce conte exalte les vertus du peuple Inuit, la liberté, la solidarité, la générosité face à des Norrois conquérants, belliqueux et avides. La violence, souvent présente, témoigne de la rudesse de l’existence et dans les affrontements triomphent souvent la moralité et la sagesse.

 

Ce livre apportera un plaisir sans prétention dont raffolera le jeune lectorat.

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 08:20

Elle-s-appelait-Sarah---Gilles-Paquet-Brenner.jpgRéalisé par Gilles Paquet-Brenner en 2010, avec Kristin Scott Thomas, Mélusine Mayance, Niels Arestrup, etc.

 

Julia Jarmond une journaliste américaine enquête sur la rafle du Vel d’Hiv en juillet 1942. Au même moment l’appartement de la famille de son mari, acquis en août 1942 est en cours de réaménagement pour que le couple s’y installe. Julia va alors découvrir l’histoire de cet appartement et celle de la petite fille qui y a vécu avant d’être raflée par la police française. Julia tombe enceinte mais un conflit l’oppose à son mari qui ne veut pas qu’elle garde l’enfant.

 

Pendant la séance, le temps passe sans déplaisir ; A la sortie, pourtant, quand la réflexion prend le pas sur la vision, on se dit qu’il est impossible d’accumuler autant de clichés et de poncifs, sans l’avoir ostensiblement souhaité ! Tous les stéréotypes que vous pouvez imaginer peuplent ce film, jusqu’à la scène finale que j’ai vu arriver de bien loin et que j’ai trouvé d’une grande mièvrerie.

 

Le titre de ce film est aussi la première strophe d’une célèbre chanson de Jean-Jacques Goldman. Ecoutez la chanson ; ce film peut être zappé.

 

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 08:39

Quand quelque chose de bien se passe on dit que c'est grâce à Dieu; Pourquoi ne dit on pas quand quelque chose de mal arrive que c'est à cause de Dieu?

 

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 08:28

Eduardo-Lago---Voleur-de-cartes.jpgEtrange roman que ce livre que l’on dirait issu de la bibliothèque rose (eût seulement égard à la couleur de sa couverture). Etonnant objet littéraire qui mélange par un habile procédé le roman et le recueil de nouvelles. 

 

Sophie revient vivre à Paris chez son ami Nicole. Elle découvre sur Internet le message d’un écrivain qui, à l’instar des marins jetant des bouteilles à la mer, confie au réseau mondial le soin de toucher les lecteurs. Elle succombe et demande à l’auteur anonyme de lui envoyer ses textes.

 

Intéressée par cet écrivain qui la fascine d’étrange façon, Sophie part à Trieste ville dans laquelle l’auteur a indiqué qu’il avait vécu. Au cours de ce voyage elle rencontre Ali Larkem, qu’elle reconnaît comme le voleur de cartes dans les bibliothèques dont la presse parle. Il se volatilisera rapidement au cours du trajet.

 

Sophie reçoit les envois de nouvelles et, bien sûr, Eduardo Lago, nous les donne à lire. Sophie se sent étrangement attiré par ces écrits anonymes qui semblent la rattacher à un passé qui ressurgit.  Il y a de magnifiques textes, une inventivité et une narration très intéressantes, à travers le temps et l’espace : Cuthbert Rawlins, le veilleur de nuit qui a recueilli un texte de Rudyard Kipling ; l’ombre de Felipe Alfau ; l’homme en gris sur la M-30, le royaume de Tintagoel, etc.).

 

De nombreuses nouvelles explorent les histoires, comment elles se créent, comment elles se racontent et comment elles rentrent en résonance avec le lecteur. Un très bon livre.

 

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 08:08

The-social-network---David-Fincher.jpgRéalisé par David Fincher en 2010, avec Jesse Eisenberg, Justin Timberlake, Andrew Garfield, etc.

 

The social network raconte la création du site Facebook et ses premiers mois d’existence. Mark Zuckerberg, étudiant à Harvard, est un nerd, un geek, un fou d’informatique. Après que sa fiancée l’a plaqué, il pirate le réseau de son école et crée, en une nuit, www.facemash.com qui permet de voter pour la fille la plus ‘hot’ des campus de la ville. Le succès immédiat lui vaut une mise à l’épreuve par l’école, mais aussi une certaine reconnaissance.

 

Approché par d’autres étudiants qui veulent le faire participer à la création d’un site pour les étudiants d’Harvard, il accepte le projet sans s’y investir vraiment. En parallèle, avec l’aide de son ami Eduardo Savarin qui amène la première mise de fonds, 1000 $, il développe et lance TheFacebook. Les utilisateurs affluent et les fonds d’investissement viennent soutenir un développement qui va s’étendre à tous les USA puis au monde. Très vite deux procès lui sont intentés : les étudiants à l’origine du projet de site pour Harvard d’abord ; son associé Eduardo ensuite, sacrifié en cours de route par une manœuvre indigne d’un ami.

 

Le film vaut surtout par la peinture d’une certaine éducation à l’anglo-saxonne, dans des universités aux traditions fortes et à l’esprit d’entreprise particulièrement vif appuyé sur un capitalisme sans retenue et sans morale. Il dépeint le monde fou de la bulle Internet, de ces sites construits sur du vent dont la valorisation atteint des milliards de dollars.

 

Finalement, au-delà de la réussite d’un génie ou d’un chanceux, c’est l’absurdité de cette société amorale (pour ne pas écrire plus) qui s’anime sur grand écran. Facebook vaut aujourd’hui 25 milliards de dollars, soit plus que la plupart des industries que nous connaissons ! C’est la publicité qui tire cet empire : nos goûts, nos aspirations, nos relations, nos rêves, tout est sauvegardé, analysé et vendu. La société vaut par ce qu’elle possède non par ce qu’elle fabrique ; et ce qu’elle possède c’est moi, c’est vous, c’est nous. Sous les dehors d’un lien social que notre humanité occidentale tente vainement de re-tisser, les financiers qui pilotent le tout nous marketent, nous vendent, et, au final, nous asservissent.

 

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 08:34

Jean-Philippe-Toussaint---La-salle-de-bain.jpgPlusieurs fois j’avais répondu négativement à la question d’un écrivain blogueur, appelons le Patrick pour ne pas l’embarrasser, sur ma connaissance de Jean-Philippe Toussaint. Par un petit matin ensoleillé, le petit livre ‘La salle de bain’ fut déposé sur mon bureau ; je m’en emparai et le lus, dès après le Voleur de cartes, d’Eduardo Lago.

 

J’abordai le roman avec un préjugé positif issu de l’enthousiasme de Patrick et du bon goût que je lui sais en une certaine littérature. Ma lecture ne me déçut point.

 

Le personnage principal commence par passer ses journées dans sa salle de bain, puis bientôt il n’en sort plus. La salle de bain l’inspire le protège et l’inspire, du moins au début. Est-ce anormal de lire allongé dans une baignoire (je vous assure que c’est tout ce qu’il y a d’agréable si l’eau se maintient à une température agréable, si la forme du dos épouse celle de la baignoire et si votre taille s’accommode de sa longueur) ? Edmondsson, sa femme apprendra-t-on incidemment malgré le nom évoquant davantage une figure paternelle) assure le lien avec le monde extérieur. Ce sont deux peintres polonais venus rénover la cuisine pour tirer quelque revenus complémentaires de l’exposition de leurs toiles, qui le tireront un peu de son enfermement (la métaphore du poulpe est savoureuse).

 

Sur une brusque impulsion le héros part en train pour Venise ; là encore les beautés de la ville, les trajets en vaporetto cèdent à la chambre d’hôtel et le bar dans lesquels notre héros s’enclot.  Retournera-t-il auprès de son Edmondsson ?

 

Vous découvrirez la fin séduisante par sa mise en abyme si vous commencez ce livre, car vous ne l’abandonnerez pas. Le style ravit par sa nouveauté et se met au service d’une petite histoire amusante dans laquelle l’auteur fait preuve d’un bel humour de second degré souvent. A peine une soirée de lecture et vous m’en écrirez des nouvelles ! Merci Patrick, puisque ainsi ai-je choisi de te nommer. 

 

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