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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 08:31

J'ai ré-écrit ce désir. Vous pouvez le consulter en cliquant sur le lien suivant Désir n°11: Voir Venise par les yeux d'un masque de plumes 

 

Voir l'origine des désirs théicoles sur Désirs Théicoles : Poésie et loufoquerie autour d’une tasse de thé

 

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 08:29

vallejo-francois-le-voyage-des-grands-hommes.jpgL’idée de ce roman brille de mille feux : Rousseau, Diderot et Grimm partent pour un voyage en Italie. Madame d’Epinay met à leur disposition son serviteur, Lambert, pour les accompagner et veiller à leur confort et à leur sécurité. Le valet devra aussi rapporter à sa maîtresse les propos qui pourraient être tenus contre elle.

 

Nous suivons les pérégrinations de ces trois grands hommes à travers le récit qu’en a écrit ce fameux Lambert et qui a traversé les siècles pour parvenir dans les mains d’un de ses descendant de la septième génération. Le procédé du manuscrit oublié ne révolutionne pas le monde des idées littéraires, mais il n’est après tout qu’un petit effet visant à crédibiliser l’histoire.

Les trois hommes parlent, se racontent, dans ce voyage que les moyens de transport de l’époque, lents et malcommodes, rendent propice à la conversation. Ils s’expriment dans une belle langue, jolie sans flirter toutefois avec le chichiteux, que le valet, finalement fort instruit, retranscrit avec talent.

 

Lambert appartient à la grande tradition des valets qui accompagnent leurs maîtres mais tiennent les premiers rôles des histoires, qui portent le bon sens et la sagesse. Comme l’écrivait Beaumarchais dans son Mariage de Figaro « Aux qualités que l'on exige d'un valet, connaissez-vous beaucoup de maîtres qui seraient dignes d'être serviteurs ? ». Il y a aussi du Jacques dans ce serviteur, rappelant justement le célèbre roman de Diderot Jacques le Fataliste et son maître. On y verrait aussi du Sancho Panza aux côtés de Don Quichotte.

 

Alors savoureux ce roman ? Pas tout a fait. Quel dommage que les échanges entre Rousseau, Diderot et Grimm soient si peu enthousiasmant, si peu empreint de la philosophie de ces grands auteurs, de la fulgurance de leurs pensées. François Vallejo demeure par trop dans le commun, dans le quotidien, dans la facilité. L’idée formidable qui sous-tend ce roman se retrouve accouche d’une jolie souris, mais d’une souris quand même.

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 08:32

khadra-yasmina-ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit.gifJe crois me souvenir que ce roman avait suscité parmi les critiques un débat dont ils ont le secret. Etait-ce un grand roman ou une bluette dont l’auteur algérien, auréolé du succès de sa trilogie, aurait couché sur papier sans beaucoup d’effort mais avec la certitude d’en vendre de nombreux exemplaire porté par son nouveau statut ?

 

Autant l’écrire tout de suite, j’ai bien aimé ce livre. Il nous entraîne dans l’Algérie des années 30 jusqu’à l’indépendance. Les parents de Younes perdent dans un incendie criminel, leur champ de blé juste avant la récolte. Ils doivent fuir à Oran pour que le père y loue ses bras et y gagne de quoi faire survivre la famille.

 

L’oncle de Younes tient une pharmacie ; Il est marié avec une Française. Le père de Younes finira par lui confier son fils, constatant qu’il ne peut plus assurer un avenir décent à son garçon. Les problèmes qui commencent à survenir dans l’Oranais conduiront Younes, rebaptisé Jonas pour faire plus chrétien, et sa famille adoptive à déménager dans la campagne. Il y nouera des amitiés fortes et y tombera éperdument amoureux d’une jeune Française, après avoir courtisé sa mère.

 

Au-delà de l’histoire, bien ficelée, c’est un portrait de l’Algérie sous domination française que nous livre Yasmina Khadra (pseudonyme de Mohammed Moulessehoul), du point de vue orignal d’un Arabe élevé dans une famille mixte et naviguant dans un milieu de colons. Ce garçon qui veut devenir écrivain (l’auteur lui-même ?) affronte les tiraillements d’une identité difficile à construire entre culture arabo-musulmano et franco-chrétienne. Il hésite à prendre parti pour un camp, entre la montée du FLN et la radicalisation de ceux qui ne sont pas encore des pieds-noirs.

 

La difficile histoire d’amour qui filigrane la deuxième partie du livre apporte une douceur non dénuée d’une part d’ombre et de renoncement. Ne pas saisir sa chance fait le lit de regrets éternels semble nous murmurer l’auteur.

 

Le thème n’exhale certes pas la même force que la fameuse trilogie (l’attentat, les hirondelles de Kaboul, les sirènes de Bagdad). L’écriture déliée et parfois superbe d’une poésie orientale confère à ce roman un formidable élan.

 

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 08:16

black-swan-darren-aronofsky.jpgRéalisé par Darren Aronofsky en 2011 avec Natalie Portman, Mila Kunis, Vincent Cassel, etc.

 

Nina est danseuse au New York City ballet, toujours dans les seconds rôles, jamais en haut de l’affiche. Alors quand Thomas Leroy (magnifiquement campé par un Vincent Cassel ambigu à souhait) souhaite monter une nouvelle version du Lac des cygnes, Nina désire plus que tout obtenir le premier rôle. Nina, fragile, craintive, répétant les gestes techniques jusqu’à la perfection, saura-t-elle incarner le cygne noir, parviendra-t-elle à se lâcher et à faire apparaître la féminité, la sensualité et la dramaturgie dont elle paraît pourtant dénuée ?

 

Sur une magnifique musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski, dont tout le monde connaît quelques airs (merci la pub !), Nina va se transformer, luttant contre ce corps qu’elle martyrise jusqu’au sang, affrontant dans les regards des autres danseuses la jalousie, l’envie, la haine parfois. Elle vient de loin pourtant, Nina, dans sa chambre rose de petite fille, surchargée de peluches ; elle vit avec sa mère, une ancienne danseuse qui n’a jamais percé, qui la maintient, isolée, dans un cocon protecteur.

 

Ce rôle va bouleverser Nina ; elle voit son double dans les miroirs, elle a des hallucinations d’une totale prégnance. La fille fragile va devoir se débarrasser de ses peurs et de ses fardeaux psychologiques.

 

Dans une sorte de thriller (avec quelques scènes qui pourraient choquer des spectateurs fragiles), Black swan aborde avec talent les thèmes immémoriaux de la danse classique : la jalousie, la mortification des corps par les exercices et la privation de nourriture ; il met aussi en évidence l’éternel combat entre le personnage et celui qui l’interprète – faut-il se perdre pour incarner le rôle ? Face à ses multiples avatars, Nina se dédouble, se métamorphose et se libèrera peut-être dans belle et troublante une scène finale.

 

Une autre façon de critiquer le film aurait été d’aborder le film via les thèmes ressassés, via les caricatures et les poncifs sur la danse et la schizophrénie. Mais cela n’aurait pas rendu honneur au bon moment que j’ai passé.

 

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 08:25

Fouad-Laroui---Une-annee-chez-les-Francais.jpgRentrée scolaire 1969, Casablanca, Maroc. Les américains ont posé les premiers pieds humains sur la lune. Le monde entier le sait ; pas Mehdi. La nouvelle reste inconnue de la campagne reculée qui a abrité sa vie jusqu’à ce mois de septembre.

 

Déposé par son oncle Mokhtar devant le lycée Lyautey avec deux dindons comme cadeaux pour le proviseur, Mehdi bénéficie de la clairvoyance de son instituteur qui a su déceler son intelligence et qui lui a obtenu une bourse. Rien ne l’avait préparé à cette nouvelle culture, à ces morts que l’on honore sur le mur du hall d’entrée, au vin que l’on sert à la cantine, aux citations littéraire d’un surveillant à la carrière théâtrale refoulée.

 

Ce roman de Fouad Laroui, peut-être d’inspiration autobiographique ai-je lu quelque part, rend hommage à la connaissance littéraire, à la cohabitation entre peuples et religions (de Shoshana la lingère juive, au cuisinier marocain, en passant par différentes nationalités étudiant dans ce lycée). Il y a tant à apprendre de l’autre semble-t-il nous dire en racontant le parcours de Mehdi depuis sa première nuit en pyjama rose jusqu’à son intégration dans la famille de Denis Berger. Les mesquineries, la jalousie ne sont cependant jamais bien loin et quand Mehdi n’obtient pas le premier rôle dans la pièce de fin d’année, il réagit comme tout garçon blessé dans son orgueil.

 

Voici donc un roman agréable à lire, sympathique, parfois traversé par des scènes drôles, bon enfant finalement. Pas à lire en priorité mais pas à ignorer non plus. 

 

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 08:36

True-Grit---Ethan-Coen-Joel-Coen.jpgRéalisé par Ethan Coen, Joel Coen en 2011 avec Hailee Steinfeld, Jeff Bridges, Matt Damon, Josh Brolin, etc.

 

Mattie Ross, adolescente de 14 ans, dans cet Ouest américain des années 1870, veut venger la mort de son père. Elle veut que la justice condamne Tom Chaney, qui l’a assassiné pour 2 pièces d’or et qui a fui en territoire indien. Elle va alors engager avec une assurance que sa jeunesse rend admirable, Rooster Cogburn, un US marshall alcoolique et ténébreux, pour 100$. Un autre homme, un Texas Ranger, LaBoeuf, recherche aussi Tom Chaney pour le meurtre d’un sénateur au Texas. Mattie part avec les deux hommes sur la piste de Chaney.

 

Les ingrédients du Western sont bien là : les paysages somptueux, les chevauchées, la rudesse de la vie en plein air, la reconstitution des lieux et des costumes, les pendaisons, les rivières qui séparent les mondes, la rapidité et la précision des tirs comme valeur suprême, la vie qu’on enlève avec facilité.

 

Soutenu par une remarquable bande son, le film nous parle de rivalité et d’honneur, du combat entre les bons et les méchants, de la liberté, de la volonté d’une jeune adolescente plus volontaire et maligne que bien des adultes, de l’importance des chevaux dans la culture américain, de la rivalité entre états après la guerre de sécession. Le film nous parle de pendus haut et court, de médecin vêtu d’une fourrure d’ours, d’un indien qui trafique les cadavres ; si les héros emplissent l’écran, les personnages secondaires se savourent à chaque instant.

 

Jeff bridges campe avec force et justesse un vieux marshall à l’accent somptueux et Hailee Steinfeld convainc en adolescente vengeresse dans un monde d’hommes.

 

Un excellent moment de cinéma.

 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 08:23

Garat-anne-marie-on-ne-peut-pas-continuer-comme-ca.jpgVoici un petit opuscule ! Un homme, dans la forêt des Landes (d’où la couleur verte de la couverture ?), découvre une station service à vendre. Son couple est en difficulté et cette bâtisse abandonnée éveille des envies d’ailleurs, de réalisation, de nouvelle vie. Jo, le propriétaire, qui semble y vivre dans un dénuement extrême, le pousse à ne pas procrastiner, l’incite à poursuivre son rêve. Il lui fait même découvrir, dans les bois environnant, un merveilleux vallon dans lequel un chevreuil se promène. Le rêve, bien sûr, prendra une couleur plus sombre et le héros repartira comme il était venu.

 

Ce livre nous parle de nos envies, de la fuite d’un quotidien routinier, de la volonté de s’échapper de sa solitude, de son destin parfois. Le héros, que l’on perçoit citadin, hume les odeurs de la forêt et s’y sent bien. Jo ressemble à un gourou, à un passeur, à un Charon entre la réalité souvent terne et les envies. Jo est la facette que chacun aime à se découvrir dans le miroir, derrière le visage sur lequel les années et les renoncements ont laissé les marques de notre faiblesse.

 

Un petit livre, une nouvelle plutôt, qui en dit plus que nombre de gros romans.
 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 08:35

Incendies-Denis-Villeneuve.jpgRéalisé par Denis Villeneuve en 2011 avec Rémy Girard, Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin, etc.

 

Dans son testament, Nawal Marwan demande à ses jumeaux Jeanne et Simon de retrouver leur père et leur frère, dont l’existence leur était inconnue, et de leur remettre à chacun une enveloppe. Alors que Simon demeure dans le rejet de la vie de sa mère, Jeanne s’envole pour le Moyen Orient et part sur les traces de ces deux hommes.

 

Dans une enquête qui mêle la recherche de Jeanne et des retours en arrière sur la vie de sa mère, dans un pays ravagé par la guerre entre les factions chrétiennes et musulmanes, le film entremêle de magnifiques séquences dans les paysages désertiques ou dans les villages aux murs blancs et les scènes dont la violence doit à peine rendre compte de la réalité du conflit.

 

Le Liban n’est jamais mentionné mais la guerre entre les communautés religieuses qui longtemps ensanglanta le pays, dans une incessante suite de massacres et de représailles, sourd de chaque image. En n’explicitant pas le conflit, le réalisateur le rend universel et donne à réfléchir sur l’absurdité de ces guerres de territoires, de pouvoir souvent basées sur une appartenance ethnique ou religieuse. Il faudra bien un jour s’interroger lucidement sur le rôle de la religion dans le développement de l’Homme, à la fois éclairante et massacrante.

 

Dans ce voyage initiatique, le réalisateur aborde avec force des thèmes intemporels et peut s’appuyer sur deux actrices formidables. Dommage cependant que la fin tende au grandguignolesque et affaiblisse le propos du film. A moins que Denis Villeneuve n’ait voulu nous donner à voir une version moderne d’une tragédie grecque : car l’intrigue en a tous les ingrédients. L’archétype de la tragédie grecque est Antigone de Sophocle : Œdipe tue Laïos, son père, épouse Jocaste sa mère, et donne naissance avec elle à quatre enfants. 2500 ans après Sophocle, la tragédie grecque a donc encore de beaux jours devant elle.

 

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 08:19

Hesse thierry demon editions de l'olivierComment moururent Franz et Elena, les grands-parents paternels de Pierre, le narrateur du roman ? Journaliste, grand reporter, Pierre arpente le globe, principalement les régions de conflits (Sierra Leone, Liberia) ou celles frappées par les inondations. Il va partir en Tchétchénie, tenter de retrouver ce qu’ont pu ressentir ses ancêtres.

 

Lev Rotko, le père de Pierre, juif russe ayant fuit l’Ukraine juste avant la mort de Staline, était encore un enfant lorsque ses parents le confièrent à une famille amie, sentant leur vie en danger face à l’avancée des nazis. Marié à une Française, Lev coula une chape de plomb sur son enfance et sa famille. Dix jours avant de se suicider, il se confie à Pierre et lui raconte l’histoire de cette période troublée.

 

Les révélations de son père sont un électrochoc et le narrateur part à la recherche de son démon, de cette part d’incertitude qui hante sa vie. Sa passion pour les inondations ne serait-elle pas issue de la même quête : découvrir comment réagissent les gens lorsque leur vie sont balayées par les éléments ?

 

Le roman possède un souffle qui nous entraîne dans l’histoire de ces 60 dernières années. Je n’ai pu m’empêcher de penser à Zone de Matthias Enard ; mais là où se dernier étalait son érudition d’une seule traite avec un style taillé pour les prix littéraires, Thierry Hesse nous offre un ensemble de petites histoires, non dénuées de réflexions.

 

On y côtoie, par exemple, les juifs d’Ukraine avant les Einsatzgruppen, la mort de Staline, l’organisation locale du parti Communiste, l’attaque des tours jumelles le 11 septembre 2001 et la prise d’otages par des tchétchènes dans un théâtre de Moscou. Pierre entrevoit dans le conflit en Tchétchénie une similarité avec ce que Franz et Elena ont du vivre. Un peuple sous le joug d’un autre, les bombardements aveugles des autorités russes, le fatalisme des habitants.

 

Je vous recommande chaudement ce livre.

 

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 08:26

Le dictionnaire Gaga est désormais disponible pour la lettre O : De s'oublier à ollagne, voici quelques nouveaux mots du langage stéphanois.



La langue est vivante. Ce dictionnaire est le fruit de ma mémoire. Vos commentaires et vos propositions d'autres mots sont les bienvenus.

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