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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 08:19

Mathias-Malzieu---Metamorphose-en-bord-de-ciel.jpgTom ‘Hématome’ Cloudman peut prétendre au titre de plus mauvais cascadeur du monde. Ses envolées se terminent immanquablement par des chutes, alors cette maladresse devient le ressort de son spectacle. Il va de village en village dans un véhicule, loufoque assemblage d’un cercueil et d’un vélo. Il est hospitalisé suite à un accident et on lui découvre un cancer.

 

Pour s’en sortir, il va se transformer en oiseau, grâce à une femmoiselle, qu’il rejoint la nuit, sur le toit de l’hôpital, dans une volière remplie d’oiseaux réels et factices.

 

Dans un style étonnant, mélange de naïveté et de poésie, le chanteur vedette du groupe Dionysos, nous offre un objet singulier, tout à la fois conte pour (déjà grands) enfants et réflexions sur la maladie, sur les mécanismes de survie, sur le pouvoir de l’amour. Pour ne pas s’abandonner à la Betterave (comme il dit) qui lui pousse dans la colonne, il doit réaliser son rêve, voler, s’échapper de la terre sur laquelle il chutait et rejoindre les oiseaux parmi les nuages. Certains flocons de neige qui ne fondent pas en touchant le sol sont l’âme d’un oiseau mort.


On retrouve dans ce roman les ingrédients du succès mérité que Mathias Malzieu a connu avec la Mécanique du cœur et Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi. Il explore un imaginaire avec plusieurs niveaux de lecture, permettant à chacun de s’y retrouver.

 

L’édition que j’ai lue comprenait de nombreuses illustrations réalisées par des artistes qui apportent un vrai contrechamp ou une traduction des sentiments que le récit fait naître; un bel objet.

 

J'attends maintenant avec impatience l’album de Dionysos qui mettra en musique les thèmes de ce conte.

 

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 08:32

Stephane-Hessel---Indignez-vous.jpgCe petit opuscule connut et connaît encore un succès phénoménal en librairie. Peu de plateaux télévisés et de chroniques radiophoniques ont évité Stéphane Hessel. Le vieux résistant, à la démarche parfois mal assurée, y expliquait son engagement de 70 ans en faveur de la liberté et de la démocratie.

 

Sous l’auspice de toutes les louanges lues et entendues, je m’attendais à un ouvrage dont la lecture me bouleverserait, ébranlerait mes attitudes routinières, m’ouvrirait des horizons inconnus, deviendrait le livre culte d’une génération.

 

En fait, toute la force de ce livre réside dans son titre. La quinzaine de pages ne font que rappeler l’histoire personnelle de l’auteur accompagnant les valeurs fondatrices de la déclaration universelle des droits de l’homme. Elles présentent quelques réflexions sur la liberté de la presse qui doit ne posséder aucun lien avec les puissances politiques ou économiques. Elles mettent en exergue la Palestine et la nécessité d’une approche de combat non violent. Elles prônent l’indignation et bannissent l’indifférence.

 

Indignons nous ! N’acceptons pas par paresse ou par sentiment d’inutilité les régressions de nos droits et de nos protections. Indignons nous ! Pourtant, quand on voit comment les instances dirigeantes de tous bords réagissent face à la crise financière et à ses causes (politiques, financières et individuelles) il y aurait de quoi se résigner. C’est justement ce que Stéphane Hessel nous enjoint de ne pas faire.

 

Voilà pour l’enthousiasme ; je dois cependant avouer que ce livre m’a déçu et qu’il ne deviendra pas culte pour son contenu.
 

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 08:18

Sofi oksanen - purge60 ans d’histoire de l’Estonie : 60 ans d’occupation soviétique puis allemande puis soviétique encore, avant que l’indépendance et la démocratie ne soient reconquises en 1991. 60 années de brimades, de privations, de pactes secrets, de haines souterraines entre les estoniens et les russes.

 

En 1992, Aliide, vieille paysanne, autrefois mariée à un membre du parti communiste, craint surtout les pillages et la revanche que certains, dans ces temps changeants, pourraient prendre contre les partisans des russes. Les pierres jetées au milieu de la nuit contre ses volets, les inscriptions hostiles, l’emplissent de terreur. Alors quand elle découvre, au petit matin, Zara, allongée, mal en point, contre un arbre dans son jardin, elle ne lui accorde l’hospitalité qu’avec réticence.

 

Les deux femmes vont cependant entreprendre un dialogue, dans lequel les non-dits prennent autant d’importance que les phrases jetées ça et là ; comme dans un ballet les deux personnages se rapprochent, s’étreignent presque puis s’éloignent et bientôt, à petit pas, se découvrent de nouveau. A petites touches se révèlera un secret de famille douloureux, qui bien sûr remonte au pacte secret germano-soviétique.

 

Cette écrivaine finlandaise trentenaire a puisé dans l’histoire de son propre pays et dans les liens très forts qu’il a entretenu avec l’Estonie pour narrer cette page d’histoire. Car au-delà du récit de Zara et d’Aliide, nous frappent les meurtrissures d’un pays passant d’un conquérant à l’autre et les différentes façons d’y faire face.

 

Un très beau livre qui rappelle l’importance stratégique des pays Baltes et remet en mémoire quelques noms qui appartiennent à l’Europe (et que beaucoup ignorent, mais la géographie n’est pas le fort des Français !).

 

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 08:11

Virginie-Despentes---Apocalypse-bebe.jpgValentine, adolescente mal dans sa peau et en rébellion sème Lucie, la détective sans grand rayonnement que sa grand-mère lui a collé aux basques. Après une bonne engueulade et la perspective d’une prime de 5000 euros + frais, Lucie contacte la Hyène, une privée à l’image sulfureuse mais à la réputation d’efficacité.

 

Ainsi débute ce roman foisonnant qui nous entraîne entre Paris et Barcelone, à la rencontre de ceux qui ont côtoyé Valentine : ses familles, ses amis, ses ‘amours’. Portrait souvent cynique d’une certaine société, des sans-grades laissés pour compte, du milieu lesbien dont la Hyène incarne jusqu’à la caricature la frange vorace et gourmande, des relations parents - enfants.

 

Les personnages défilent, se heurtent sans forcément se rencontrer ; une histoire émerge au cours des jours ; des zones d’ombres s’éclairent, d’autres s’obscurcissent un peu plus, laissant à l’imagination du lecteur une part du travail.

 

Le style vif, parfois à l’emporte pièces, charrie une verve énergique et sans afféteries ; la vulgarité (le langage direct et parlé affirmeront simplement certains) affleure souvent, renforçant le sentiment d’une plongée au plus près de l a vie de l’ado et des détectives. Quelques phrases fabuleuses se relisent et se dégustent, me donnant envie de les avoir écrites ! Je vous conseille celles sur la blogosphère descendue en flèche !

 

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 08:16

korman-cloe-les-hommes-couleurs.jpgGeorge et Florence Bernache, couple Franco-Américain, pilotent le chantier de construction d’un métro à Mexico pour la société américaine Pullman ; le projet avorte pour des raisons liées à des trouvailles archéologiques et la découverte de pétrole. Le chantier est alors transporté bizarrement à Minas Blancas, près de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, pour que Pullman demeure dans un jeu ambigu mêlant politique et stratégie industrielle.

 

Le chantier n’avance pas et les Bernache y engloutissent des sommes colossales et étrangement, la maison mère semble oublier le projet en plein désert. D’étranges travailleurs parlent de couleurs, de figurines antiques, de cultes archaïques, de dieux aztèques et d’une possibilité que les travaux progressent. Les époux y consentent plus ou moins contre leur gré et, il devient bientôt évident que les hommes utilisent le projet pour creuser un tunnel permettant une immigration aisée aux USA.

De nos jours, Joshua Hopper enquête sur ce chantier faramineux et, grâce à Gris Bandejo, témoin de l’époque, reconstituera le parcours des Bernache.

 

Le roman foisonne de navigation entre le passé et le présent et baigne dans la lumière ocre de la terre sacrée des aztèques et celle plus crûe des réalités plus terre-à-terre. L’atmosphère poisseuse et lourde des boyaux de mines qui s’enfonce dans le sous-sol convient bien à cette évocation des migrations et aux sacrifices que font ceux qui partent.

 

Pourtant, malgré les critiques enthousiastes que j’ai entendues ou lues (après ma lecture du livre) j’ai parfois feuilleté les pages qui restaient avant la fin en me disant ‘encore tout ça’. Je n’ai pas été rebuté mais quelque chose dans la narration m’a gêné : peut-être une hésitation dans la conduction de l’intrigue et un côté flou. Ce que les exégètes mettent au crédit d’une subtile et complexe construction, m’a ennuyé.

 

Ce roman a obtenu le prix du Livre Inter 2010. 
 

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 08:13

La-piel-que-habito---Pedro-Almodovar.jpgRéalisé par Pedro Almodóvar en 2011, avec Antonio Banderas, Elena Anaya, Marisa Paredes, etc.

 

Depuis le décès de sa femme consécutif à de très graves brûlures, Robert Ledgard, chirurgien esthétique, poursuit des recherches sur la peau artificielle. Il annonce enfin sa réussite dans des conférences, une peau génétiquement modifiée, plus résistante que la peau humaine. Succès chèrement payé : le chirurgien tient enfermé une jeune femme sur laquelle il expérimente ses créations de peaux, contre toute déontologie. Une étrange fascination relie le médecin et cette prisonnière qui semble éprouver une passion pour celui qui la maintient cloîtrée tout en étant traversée par des pulsions suicidaires.

 

Ce thriller efficace baigne dans une lumière froide et pesante. La formidable musique (il ne s’avère pas si fréquent que j’ai envie de réécouter la BOF) sert parfaitement le scénario peuplés de savoureux rebondissements. Le réalisateur espagnol adapte dans ce film le livre de Thierry Jonquet, Mygale, que je n’ai pas lu – donc pas de comparaison saouvent en défaveur du film !

 

Le cinéma d’Almodovar est peuplé de références au corps, à la sexualité, à la transsexualité, aux rapports hommes-femmes. La piel que habito ne fait pas exception ; ces thèmes sont disséqués jusqu’à une forme de folie. Comment cette peau, notre apparence, peut nous être à la fois si proche et parfois étrangère ; constitue-t-elle notre réalité, notre essence ou pouvons nous conserver notre identité dans une autre peau ? De nombreuses allusions à la peau parsèment les séquences.

 

Les seconds rôles affichent une remarquable épaisseur : Je ne citerai que la gouvernante (mais n’est-elle que cela ?) et l’homme vêtu d’un costume de tigre !

 

Un bon film, sans aucun doute, avec d’excellents acteurs, qui aurait à mon humble goût pu davantage insister sur le suspens psychologique et sur l’angoisse pour en faire une référence du genre.

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 08:10

Réalisé par Lars von Trier en 2011, avec John Hurt, Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, etc.

 

Melancholia---Lars-von-Trier.jpgDans les 5 premières minutes très belles, Lars von Trier nous montre la fin du monde, la terre rentrant en collision avec Melancholia, grosse planète bleuâtre. La musique Wagnérienne de Tristan et Yseult renforce avec grandeur le symbolisme de ces premières scènes.

 

Retour en arrière – 2 jours avant l’apocalypse : Justine, publicitaire talentueuse et déprimée, se marie dans le château de sa sœur Claire. Sous les paillettes et des smokings, les fissures se font jour dans cette belle cérémonie et Justine sabote sa soirée ; il y a quelques beaux portraits – la mère irascible et désabusée, le beau-père et patron qui mérite ce qu’il lui arrive !

 

La seconde partie du film se concentre autour de Claire ; opposée de sa sœur, dynamique, énergique ; le choix du prénom enfonce un gros clou, bien visible, face à la mélancolie de Justine ! Melancholia approche et Justine qui n’a plus rien à perdre, retrouve plus de sérénité ; de toute façon elle est convaincue qu’aucune autre vie n’existe dans l’univers et que la vie sur Terre ne mérite aucune indulgence. Claire, par contraste, a tout à perdre - ses petits bonheurs, son mari, sa sœur et surtout son fils, Léo – et le film montre sa réaction et ses tentatives pour échapper à l’inéluctable.

 

Le film est construit sur cette opposition des personnalités sororale et s’il y a de belles scènes (j’ai bien aimé la toute dernière, celles des montgolfières et le ‘mesureur’ d’approche de Mélancholia) et il y a aussi des longueurs (la première partie m’a ennuyé et si j’avais eu une montre je l’aurais consultée plusieurs fois) et des invraisemblances (l’approche de Melancholia ne perturbe en rien la fête et n’est dans aucune conversation, la communauté scientifique qui prévoit l’évitement et non la collision).

 

La réussite du film tient, pour moi, au choix d’aborder la fin du monde à travers les réactions de deux femmes et non pas comme un film catastrophe à l’américaine. A part ça, je suis quand même resté sur ma faim avec un symbolisme parfois lourdaud et une réflexion un peu courte. En plus les tressautements quasi permanents de caméra m’ont ennuyé : la caméra à l’épaule, ça a peut être une délicieuse connotation dogmatique mais ça lasse !.

 

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 15:02

Edmond-Hamilton---Les-rois-des-etoiles.jpgLorsque John Gordon entend la voix du fils de l’Empereur Galactique lui proposer d’échanger leurs esprits pour 6 semaines, il accepte volontiers. Le voici projeté en 202 115 (deux mille siècles dans le futur) dans le corps du prince Zarth Arn alors que ce dernier poursuit l’étude du passé de la civilisation humaine dans celui d’un modeste comptable new-yorkais.

 

Mais le prince n’avait pas prévu la guerre que menace de livrer la Nébuleuse Noire aux forces de l’Empire. John Gordon, que tous prennent pour le Prince, va devoir sauver la paix de la galaxie. Il peut compter sur Lianna, souveraine du royaume de Formalhaut, à laquelle il doit s’unir pour consolider les alliances politiques.

 

Lorsque l’Empereur Arn Abbas meurt assassiné et que tout désigne John Gordon alias le Prince Zarth Arn comme coupable, sa mission s’annonce vraiment difficile.

 

Voilà donc de la science fiction d’antan - le roman est publié en 1947 ! L’auteur situe son action dans 200 000 ans ; l’homme a depuis longtemps conquis de nouvelles planète et vit en paix avec les civilisations aborigènes. Pourtant, rien que de très classique ne se passe : des complots, des histoires d’amour, des trahisons, des alliances, l’affrontement du bien et du mal. Bien sûr, la guerre a lieu à l’échelle d’une galaxie, les vaisseaux se déplacent bien plus vite que la lumière, des armes redoutables ont été créées, l’architecture et la nourriture ont évolué, mais l’homme semble avoir finalement peu si peu changé.

 

Malgré les 200 000 années écoulées l’humble new-yorkais comprend sans grande peine le monde du futur et c’est la principale limite de ce roman, par ailleurs aisé et agréable à lire : Au-delà de quelques joujoux technologiques, rien de neuf sous les soleils ! Pourtant à l’aune des évolutions de notre espèce en seulement 10 000 ans, on pouvait espérer que l’auteur dépeigne une civilisation complètement  nouvelle ; il n’a que projeté la nôtre dans le temps.

 

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 08:10

thomas-chantal-la-vie-reelle-des-petites-filles.jpgLa vie réelle des petites filles est un recueil de nouvelles, style littéraire dont je suis gourmand. Le thème, en pleine cohérence avec le titre, décrit le monde de l’enfance et singulièrement celui des petites filles. La méchanceté, la naïveté, la rébellion et bien d’autres sentiments s’expriment. Les textes des nouvelles est parfois très bref (une à deux pages) parfois plus conséquent, mais à chaque fois l’univers est bien campé et l’on en retient quelque chose (une morale sous-jacente, un souvenir réveillé, une colère ou une pitié rentrée).

 

Pas un grand livre, mais pas un mauvais livre non plus ; mais pas un grand livre, d’ailleurs je ne sais pas trop quoi en dire.
 

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 08:06

Philippe-Claudel---L-Enquete.jpgL’Enquêteur n’aurait imaginer plus difficile démarrage : arrivée dans une ville de province pour investiguer sur une vague de suicides dans l’Entreprise, personne ne l’attend à la gare. Trempé par une pluie glaciale, il se réfugie dans un bar, vide, dont l’employé lui bat froid. Il erre dans des rues étrangement désertes ; le seul humain rencontré lui renverse sa valise qui déverse son contenu sur le sol détrempé. Il finit par être accueilli par la Géante dans l’hôtel de l’Espérance. Sa chambre, n° 93, est ridiculement vaste mais meublée on ne peut plus chichement ; la salle de bain, au contraire, laisse à peine passer son corps (et encore, de biais).

 

Rien ne s’arrange le lendemain. Une foule de Touristes bâfrent tandis qu’il doit petit déjeuner de deux biscottes rances et de café amer. Le Policier agit tout aussi étrangement et il s’étonne de cette foule compacte qui en un flux interrompu et univoque finit par l’emporter. Avec surprise, sans changer de trottoir, il se retrouve de l’autre côté de la rue face à l’entrée de l’entreprise. Il ne possède pas l’Autorisation Exceptionnelle mais le Guide lui permet d’entrer.

 

Au bout de quelques pages, les souvenirs de Kafka (le château, le procès) s’imposent. L’Enquêteur évolue dans un monde dont il ne comprend pas les règles que les autres cependant semblent suivre sans se questionner.  Au fil des pages, son étonnement cède devant l’acceptation et les événements les plus extraordinaires s’inscrivent dans la norme nouvelle.

 

On peut voir dans ce roman une réflexion sur une société qui édicte des monceaux de règles que plus aucun citoyen ne maîtrise dans leur intégralité ; sur un environnement normalisé qui force à l’assimilation bien plus encore qu’il ne rejette les particularités. On peut aussi y voir une pensée sur le roman dont les personnages évoluent dans l’univers de l’auteur et, s’ils semblent avoir une vie propre, dépendent entièrement de leur créateur.

 

N’est cependant pas Kafka qui veut et, s’il a inspiré Philippe Claudel, l’écrivain pragois n’a pas trouvé son successeur. Cette précision apportée, j’ai quand même beaucoup aimé ce roman et vous le conseille.

 

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