Vitus quitte le monastère de Campodios, en Espagne, pour rejoindre l’Angleterre et
tenter d’y retrouver ces origines. Comme de nombreux enfants il a été abandonné anonymement par sa famille avec pour seul indice un tissu damassé portant armoiries. L’institution s’est alors
chargée de son éducation et, en particulier, un moine savant lui a enseigné les plantes et quelques techniques de chirurgies rudimentaires en ce milieu de XVIème siècle.
Son cheminement va lui permettre d’exercer son art, de parfaire ses connaissances et surtout de rencontrer une foule de personnages qui colle parfaitement à mon imaginaire de cette époque : troupe de gitans, guérisseurs, corsaires, nains et nobles.
L’Inquisition tient un rôle important dans ce roman ; l’auteur la présente dans toute sa morgue et en brosse un tableau effrayant : la rhétorique parfaitement étudiée pour ne laisser aucune chance àau pauvre diable accusé. Les tortures suivent un protocole strict qui comprend la territio verbalis (les instruments sont nommés à l’accusé), la territion realis (on lui explique à quoi sert chaque instrument) avant que la mise en pratique ne commence. La créativité de l’homme pour infliger le mal me fascine : poucettes, brodequin, l’estrapade, la chaise à piquants, aucun être humain ne peut y résister. L’Inquisition a créé un abject système s’auto-justifiant dont il y a peu d’exemple similaire dans l’histoire de l’humanité.
Cette plongée dans la Renaissance espagnole apporte un bonheur de lecture qui doit beaucoup à la description méticuleuse et formidablement crédible de cette époque.
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