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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 07:48

Tanguy-Viel---La-disparition-de-Jim-Sullivan.jpgDu jour ou l’auteur comprend que malgré un pays 2 fois plus importante que le Montana, en ce qui concerne la pêche et la chasse, les écrivains français ne parviennent pas à écrire des romans internationaux, vendus dans toutes les librairies du monde, il se dit que l’histoire entière de son prochain livre se déroulera aux Etats-Unis. De toute façon « jamais dans un roman international le personnage principal n’habiterait au pied de la cathédrale de Chartres ». 

 

L’auteur narrateur se met alors à nous raconter le livre qu’il a écrit, expliquant et se citant. Il présente Dwayne Koster, professeur de littérature, et son ex-femme Susan, « puisque j’ai remarqué cela dans les romans américains, que le personnage principal, en général, est divorcé ». Dwayne guette les mouvements dans la maison de sa femme dans le froid de sa vieille Dodge Coronet 1969. Il essaye de comprendre pourquoi il a nommé son héros Dwayne Koster, mais en vain : « Je sait seulement qu’un jour de juin, tandis que je regardait la carte des Etats-Unis, accrochée sur le mur de mon bureau est apparu ce nom là, Dwayne Koster … ». Nous découvrirons par la suite comment Dwayne en est arrivé là, par des retours en arrière. Nous apprendrons aussi pourquoi les empereurs envoyaient toujours un messager, la veille de leur arrivée, prévenir qu’ils rentraient : non pour être reçus dignement mais pour être sur de ne trouver personne dans le lit de leur femme.

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L’intérêt du livre tient évidemment assez peu dans l’histoire, banale et remplie de situations déjà vues. Quoique ce soit justement l’un des propos que de montrer qu’écrire un roman international capable de satisfaire à la fois les lectorats américains, indiens, sud-africain, allemand, français, indonésiens et bien d’autres encore, revient souvent à se contenter du plus petit dénominateur commun. L’enfilade de clichés s’appuie ensuite sur une construction moderne, de type scénario de cinéma (le lecteur même peu cinéphile, imagine vite les scènes qui se succèdent). La phrase de fin de chapitre se conclue, souvent par un élément inattendu ouvrant maintes perspectives et accrochant le lecteur pour lui donner envie de poursuivre. Les références à des faits réels (eg la chute des tours du World Trade Center en septembre 2011) voire leur inclusion comme éléments narratifs ancre le roman dans son époque et facilite l’identification du lecteur, tout en minimisant son effort d’imagination, ce qui facilite le plaisir de lecture auquel le plus grand nombre peut prétendre. 

 

Tanguy Viel réussit parfaitement ce livre sur un écrivain racontant son livre. Le ton est juste, bourré d’humour et de second degré, cocasse par son attachement à feindre le sérieux. Jusqu’à la scène finale du pauvre cowboy solitaire ! Jim Sullivan est un personnage réel, musicien et chanteur, disparu en 1975 au bord d’une route du Nouveau Mexique ; sa voiture est intacte, son corps n’a jamais été retrouvé. Certains pensent à un enlèvement crapuleux, d’autres que Jim s’est perdu en se baladant dans le désert ; certains enfin évoquent même un enlèvement par des extraterrestres, ce qui apparaît d’autant plus vraisemblable qu’il avait sorti un disque intitulé U.F.O (OVNI en anglais).

 

Précipitez vous chez votre libraire ou dans votre bibliothèque pour dévorer ce bijou d’écriture. La lecture d’une soirée réussie.

France Inter

 

Ce livre faisait partie de la sélection du Prix du Livre Inter 2013. Il fut défendu avec acharnement par de nombreux jurés. Il aurait sans doute fait un prix consensuel, une sorte de meilleur deuxième. 


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Published by Tioufout - dans Livres
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