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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 08:06

Philippe-Claudel---L-Enquete.jpgL’Enquêteur n’aurait imaginer plus difficile démarrage : arrivée dans une ville de province pour investiguer sur une vague de suicides dans l’Entreprise, personne ne l’attend à la gare. Trempé par une pluie glaciale, il se réfugie dans un bar, vide, dont l’employé lui bat froid. Il erre dans des rues étrangement désertes ; le seul humain rencontré lui renverse sa valise qui déverse son contenu sur le sol détrempé. Il finit par être accueilli par la Géante dans l’hôtel de l’Espérance. Sa chambre, n° 93, est ridiculement vaste mais meublée on ne peut plus chichement ; la salle de bain, au contraire, laisse à peine passer son corps (et encore, de biais).

 

Rien ne s’arrange le lendemain. Une foule de Touristes bâfrent tandis qu’il doit petit déjeuner de deux biscottes rances et de café amer. Le Policier agit tout aussi étrangement et il s’étonne de cette foule compacte qui en un flux interrompu et univoque finit par l’emporter. Avec surprise, sans changer de trottoir, il se retrouve de l’autre côté de la rue face à l’entrée de l’entreprise. Il ne possède pas l’Autorisation Exceptionnelle mais le Guide lui permet d’entrer.

 

Au bout de quelques pages, les souvenirs de Kafka (le château, le procès) s’imposent. L’Enquêteur évolue dans un monde dont il ne comprend pas les règles que les autres cependant semblent suivre sans se questionner.  Au fil des pages, son étonnement cède devant l’acceptation et les événements les plus extraordinaires s’inscrivent dans la norme nouvelle.

 

On peut voir dans ce roman une réflexion sur une société qui édicte des monceaux de règles que plus aucun citoyen ne maîtrise dans leur intégralité ; sur un environnement normalisé qui force à l’assimilation bien plus encore qu’il ne rejette les particularités. On peut aussi y voir une pensée sur le roman dont les personnages évoluent dans l’univers de l’auteur et, s’ils semblent avoir une vie propre, dépendent entièrement de leur créateur.

 

N’est cependant pas Kafka qui veut et, s’il a inspiré Philippe Claudel, l’écrivain pragois n’a pas trouvé son successeur. Cette précision apportée, j’ai quand même beaucoup aimé ce roman et vous le conseille.

 

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Published by Tioufout - dans Livres
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commentaires

ecureuilbleu 02/10/2011 15:09


Bonjour Tioufout et merci pour ta visite. Tu m'as donné envie de découvrir ce livre d'un auteur que je connais déjà.
Brigitte


mentale 04/08/2011 22:14


grosse bise étoilée.


JeeretGab 04/08/2011 10:30


Bon Jeudi.


JeeretGab 03/08/2011 13:18


Bonne journée.


Géraldine 02/08/2011 21:24


L'auteur est venu présenter son roman à Rennes l'automne dernier. Cette conférence était passionnante et m'a bien donnée envie de lire ce livre... que ma bibliothèque n'a pas acheté. J'attendrais
donc la version poche pour cette lecture.