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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 07:45

Nathalie-Leger---Supplement-a-la-vie-de-Barbara-Loden.jpgAu début ce devrait être simplement une notice, un petit encart sur le film Wanda « n’y mettez pas trop de cœur lui avait dit l’éditeur », mais la narratrice se plonge dans la vie de Barbara Loden, l’actrice américaine, née en 1932, qui scénarisa, réalisa le film et y interpréta le rôle titre.

 

Wanda sort en 1970 et raconte l’histoire d’une femme condamnée pour l’attaque d’une banque ; son complice mort pendant l’assaut, elle avait comparu seule devant le tribunal ; « condamnée à vingt ans de prison, elle avait remercié le juge ». Plus qu’une simple incarnation, Barbara est Wanda, elle s’y nourrit de sa propre histoire pour devenir cette femme humiliée et soumise à cet homme de rencontre qui la conduira à sa perte, lui reprochant presque sa passivité ; « Pourquoi ne sait-il pas la nécessité parfois impérieuse de se couler dans le désir de l’autre pour mieux s’en échapper. » 

 

Barbara Loden n’est actrice que pour cela, « Apaiser. Réparer les douleurs, traiter l’humiliation, traiter la peur. » Elle se coule dans les sentiments de Wanda et, dès que la caméra se met en route, parvient a se transfigurer, à rendre son visage blème, blafard, ravagé ; « Comment fait-on pour paraître humiliée, ou, plus fou, pour l’être sans motif d’humiliation ». 

 

Sempiternelle question posée à tous les comédiens, inlassable interrogation autour de la réalité et du jeu, de la façon de rentrer dans son personnage et de le devenir. « L’acteur est lié à son personnage comme le cadavre à son cercueil » dit une actrice et c’est quand on sait tout du personnage, en dehors de ce qu’il vit à l’écran, que l’on parvient à le jouer avec justesse.

 

A travers la double histoire de Barbara Loden et de Wanda, héroïne éponyme du film, Nathalie Léger arpente le terrain de jeu de cette Amérique de la fin des années soixante. Le destin de cette femme, seconde épouse d’Elia Kazan, mêlé aux propres souvenirs de la narratrice conduit une réflexion sur le jeu et l’utilité d’avoir vécu ce que vivent les personnages pour les incarner parfaitement. 

 

La mélancolie qui souligne la vie de Barbara et de Wanda (et de la femme qui fut l’héroïne réelle du fait divers) prend vie au travers de réflexions entre ces trois histoires, comme des images qui se découvrent dans des miroirs sans que l’on sache finalement d’où chacune provient.

 

Ce livre a reçu le prix du Livre Inter 2012. Ce n’est pas celui qui m’a le plus touché des derniers titrés.


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Published by Tioufout - dans Livres
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