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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 08:00

Julia-Deck---Viviane-Elisabeth-Fauville.jpgSi vous venez de lire ce livre, vous savez que Viviane est une maman quadragénaire. Vous avez compris qu’elle partageait il y a peu une vie maritale avec Julien Antoine Hermant avec lequel elle a eu une fille, âgée de douze semaines. Vous savez qu’elle vient de tuer son psychanalyste dont la salle d’attente ne contient que Polyeucte alors que « s’il y avait eu un Match ou un Point de vue, si l’on avait tant soit peu cherché à soulager votre mal au lieu de vous y plonger, vous n’en seriez pas arrivée là ».

 

Viviane se souvient de l’acte mais ne l’avoue pas et, elle nie lorsqu’elle est interrogée par la police, dans un commissariat central du cinquième arrondissement lequel « que ce fut intentionnel ou non de la part de ses concepteurs, son architecture s’inspire de l’esthétique militaire telle qu’elle s’épanouit sur les côtes françaises dans les bunkers, blockhaus, bases sous-marines édifiés par les Allemands sous l’Occupation. En somme c’est plutôt moche ». Elle prend connaissance d’autres protagonistes de l’affaire. Elle va alors enquêter, essayer de savoir ce qu’ils savent. 

 

Tu la suivras, lecteur, dans ses pérégrinations parisiennes, le long des rues, de Barbes à la rue Monge, dans des quartiers qu’elle ne fréquentait pas dans son enfance quand elle vivait dans la « bienheureuse ignorance de cet est parisien où logent les classes sociales intermédiaires et où sévissent les tueurs en série ». Tu percevras les circonvolutions de son esprit et 

 

Vous essayerez de comprendre les motivations de cette femme, qui occupe un poste important au Béton Biron, et l’enchaînement des évènements qui a conduit au drame initial. Vous réfléchirez, sans doute, à la maladie l’ayant conduite à consulter et à ses conséquences. Vous n’oublierez surtout pas de lire jusqu’aux derniers chapitres, bien conscient que dans ce type d’ouvrage la vérité se mérite après un long chemin peuplé d’embûches et de chausse-trappes. 

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Tu te rappelleras alors l’épigraphe, une citation de Samuel Beckett : « Je suis, depuis que je suis, ici, mes apparitions ailleurs ayant été assurées par des tiers » et chercheras en en percevoir le sens profond. Peut-être décideras tu de relire l’ouvrage, à l’aune de ta nouvelle connaissance, ravi que le petit nombre de page t’y encourage.

 

Ce roman déroute ou fascine, il interroge et se laisse découvrir à petits pas ; l’auteur construit un écheveau plaisant à démêler. Une belle découverte.

France Inter

 

Ce livre faisait partie de la sélection du Prix du Livre Inter 2013. S'il a reçu beaucoup de commentaires élogieux, certains jurés ont trouvé la fin médiocre et l'explication bien facile. Je pense, au contraire, qu'elle peut s'interpréter comme une ouverture sur une nouvelle énigme. C'était en tout cas mon coup de coeur, mon livre préféré, celui auquel j'aurais aimé que le prix soit attribué.


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Published by Tioufout - dans Livres
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