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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 08:16

jean teule - mangez le si vous voulezEn l’an de grâce 1870, en ce mardi 16 août, la foire bat son plein dans le village d’Hautefaye. Alain de Monéys, un jeune homme courtois et point sot, conseiller municipal du village voisin de Beaussac, arrive pour l’évènement de l’année.

 

Les esprits, échauffés par la guerre avec l’ennemi teuton et revanchards face aux premières défaites, sont prompts à refaire les batailles et à donner de la voix. Il suffit d’un simple doute émis par un pauvre bougre sur la capacité de la France à remporter la victoire pour que ce dernier devienne l’objet de sarcasmes puis de menaces.

 

Alain de Monéys ose apporter une parole apaisante pour venir en aide à ce pauvre homme : « Il est impossible qu’un tel cri sorte de sa bouche : ‘Vive la Prusse’ … et pourquoi pas ‘A bas la France’ ! ». Un paysan, probablement déjà éméché, se met alors à crier : « Comment, vous avez dit A bas la France ». L’histoire s’enclenche inexorable.

 

Le conseiller municipal, reconnu et salué avec déférence, devient alors la victime de la foule qui le juge coupable de trahison envers la France. Elle lui infligera maintes souffrances et finira par le brûler et le manger.

 

A partir d’un fait divers historique, Jean Teulé nous restitue le chemin de croix du supplicié, agrémentant chacune des stations d’un plan situant l’action dans le village.

 

Le livre se dévore, si le terme m’est permis, et ne m’a pas laissé sur ma faim. Le style, alerte et vif, rend magnifiquement les évènements. Le récit, dont la force s’alimente à la véracité de l’histoire, suffirait au bonheur de la lecture. Ce roman emmène cependant son lecteur à d’autres réflexions. Il décortique l’effet de groupe qui transforme des êtres a priori normaux en sauvageons ou en criminels. Il met en évidence les résultats dévastateurs de la rumeur qui finit par remplacer, au mépris de toute évidence, les faits réels. Il dénonce la veulerie de ceux qui trouvent un exutoire dans les brimades d’un bouc émissaire.

 

Ce roman possède une résonance particulière dans notre société où la communication a remplacé les échanges, où l’information ne consiste, bien souvent, qu’à reprendre les communiqués de presse, où les mêmes histoires sont données en pâture, quasi à l’identique sur tous les médias, à un peuple à l’esprit critique émoussé par Internet et des heures de journaux télévisés.  Après la lecture de ce roman je me suis dit qu’un aggiornamento de l’information s’imposait et que l’école devrait apprendre à décortiquer l’information comme elle le fait pour les textes classiques et j’ai pensé au site d’Arrêt Sur Image !


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Published by Tioufout - dans Livres
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commentaires

Géraldine 26/01/2010 00:45


Je ne doute pas que cela soit bien écrit, mais ce livre ne me traite pas du tout !