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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 08:31

Jean-Christophe Grangé – MiserereDans quel univers horrible et gore Jean-Christophe Grangé va-t-il, cette fois, nous emmener ? La photo en couverture laisse entrevoir le Christ, ou un homme, soutenu par des anges, enveloppés dans une teinte bleuté rappelant les négatifs des photos en noir et blanc.

 

Lionel Kasdan, inspecteur à la retraite de la Police Judiciaire, découvre dans son église arménienne, le corps sans vie de l’organiste, alors que résonne encore dans les tuyaux le cri que le tueur ou la victime a poussé. Il semble avoir succombé à une insupportable douleur causée par la perforation des tympans.

 

En marge de l’enquête officielle, Lionel Kasdan et Cédric Volokine explorent la vie de Wilhelm Goetz, chilien d’origine, qui, en plus de jouer des grandes orgues, donnait des cours de chant dans plusieurs églises.  Il semblait vouer une passion toute particulière au Miserere de Gregorio Allegri.

 

Ce roman nous entraîne dans les troubles politiques que connus le Chili après la deuxième guerre mondiale, avec l’accueil des anciens nazis, puis le coup d’état qui renversa Salvador Allende en septembre 1973. Le pouvoir du chant occupe une place centrale dans le texte et, principalement la capacité vocale des garçons avant leur mue. D’après Ralf Hartmann, nazi, il existe un cri au pouvoir spécial, capable de devenir une arme. Il a mené des recherches en ce domaine en torturant des prisonniers juifs. Fuyant l’Allemagne défaite, il trouva refuge au Chili et y fonda une colonie, une secte serait plus juste, Asunción, ou il poursuivi sa chimère.

 

Le livre aborde aussi le fameux plan Condor, alliance des régimes conservateurs d’Amérique latine, destiné à poursuivre tous les opposants aux régimes où qu’ils se trouvent. Jean-Christophe Grangé décrit le rôle que la France aurait joué dans ce plan et l’aide qu’elle aurait apportée à certains de ses membres.

 

Construit comme le scénario d’un film, le roman plonge très rapidement le lecteur dans un suspens de bonne facture, agrémenté des références à l’histoire du Chili et au rôle de la France. Les pages se tournent et l’appel de Morphée reste sans réponse jusqu’à ce que, toutes seules, se ferment les paupières. La fin de l’histoire, souvent bâclée par l’auteur, demeure ici suffisamment consistante pour ne pas être envahi par une trop grande déception.

  
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Published by Tioufout - dans Livres
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commentaires

Géraldine 16/02/2010 19:48


J'ai quelques grangés de retard mais j'adore, même si je reproche parfois à l'auteur d'être trop sanguinolant...