Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Langage Stéphanois

Archives

Pages

24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 09:34

Emmanuele-Bernheim---Tout-s-est-bien-passe.jpgEmmanuèle rejoint les urgences. Elle y retrouve sa sœur Pascale. Leur père, André, victime d’un AVC, est paralysé du côté droit. Il éprouve une grande difficulté à parler. On le transfère au service neurologie de l’hôpital Saint-Anne. Il la partage avec un « vieillard ».  Claude, la mère, souffre de la maladie de Parkinson. Elle trouve lors de sa première visite que « ton père n’a pas une si mauvaise tête ». 

 

L’état de santé empire puis s’améliore un peu. L’hôpital Broca accueille André dans le service « soins de suite et réadaptation gériatrique ». De sa main gauche il prend le bras d’Emmanuèle, la regarde bien en face et lui dit « Je veux que tu m’aides à en finir ».

 

Emmanuèle Bernheim, dans un récit autobiographique, décrit l’accident de son père, sa demande de mettre fin à ses jours et les mois qui suivirent. Comment accepter la demande d’un père d’un suicide assisté ? Faut-il se révolter, essayer de faire entendre raison, soutenir, refuser, aider, faciliter ou simplement accompagner ? 

 

Cette difficile question, tout le monde se l’est posée, après les différents cas médiatisés, notamment celui de Vincent Humbert. Ce jeune homme fut victime d’un accident de la route qui le laissa muet, aveugle et tétraplégique. En 2002, il adresse à Jacques Chirac, alors président de la république, une demande de ‘droit de mourir’. Marie Humbert, décide euthanasie son fils avec l’aide d’un médecin en 2003. 

 

La narratrice décrit les sentiments qu’elle éprouve et les phases qu’elle traverse. Quand faut-il prévenir les proches et de quelle façon ? Et puis, l’euthanasie étant interdite en France, comment faudrait-il procéder pour procurer à son père le soulagement définitif qu’il demande. Elle nous fait découvrir une association suisse qui aide à mourir selon un protocole bien rodé. Et si elle voulait vraiment aller en suisse, comment devrait-elle s’y prendre pour éviter toute action de justice en France ?

 

Elle aborde avec une grande justesse un sujet difficile et qui suscite bien des commentaires, parfois extrêmes. Le livre se base sur des phrases courtes, qui traduisent bien la rapidité des réflexions et l’anxiété qui habite la narratrice. Jamais le pathos ne prend le dessus et le récit devient même parfois savoureux, humoristique.

 

Un livre intéressant, agréable, mais sans doute un cran en dessous de Réanimation de Cécile Guilbert, à cause d’un parti pris plus narratif que réflexif.

France Inter

 

Ce livre faisait partie de la sélection du Prix du Livre Inter 2013. Il a suscité des commentaires positifs; il lui fut cependant reproché de donner un point de vue élitiste, celui d'une famille riche qui peut se payer les contacts et le voyage en Suisse; celui d'une famille qui connait un ténor du barreau et obtient les conseils pertinents pour éviter les risques pénaux. Et tout un chacun, comment gère-t-il ces moments?


Cliquer ici pour consulter les autres livres / auteurs de ce blog


Partager cet article

Repost 0
Published by Tioufout - dans Livres
commenter cet article

commentaires