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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 08:29

J’ai d’abord songé que ce serait d’une enfantine simplicité, à peine plus compliqué que de gagner au Kiboalo, ce jeu où il faut réussir à envoyer trois cailloux à une distance d’au moins dix pieds dans un petit trou creusé dans la terre.

 

Graver le bruit de la mer sur le baobab cinquantenaire de la place du village, ne m’a d’ailleurs pas demandé plus de trois nuits de réflexion et cinq heures de réalisation. Les anciens approuvèrent avec condescendance, mais j’ai bien senti qu’ils étaient impressionnés.

 

Cueillir la plume de tigre m’a imposé à peine plus d’effort, inutile de m’y attarder. Voler sur un tapis de fourmis exigea, j’en conviens, de mobiliser toute ma connaissance des légendes et de la mythologie. Mais ensuite j’ai volé, volé si longtemps ! J’ai contemplé la mer et le sommet de la montagne comme personne jusqu’ici ne l’avait fait. Quand j’ai raconté ces visions splendides, j’ai surpris le regard brillant d’un ou deux anciens ; les enfants croyaient que je mentais, comme si leur raison pourtant encore balbutiante refusait ce que leurs yeux ne pouvaient nier.

 

Façonner un nuage en forme de rêve de girafe s’avéra paradoxalement beaucoup plus aisé et oserai-je dire plus amusant, que de franchir les chutes du Vacolla en trompe d’éléphant ; je gémissais sous l’effort colossal que ce défi requérait mais l’ennui me gagnait et je faillis m’avouer vaincu au bout de 5 jours plus fastidieux encore que le puisage de l’eau.

 

Le conseil des vieux pensait sûrement que jamais je ne ramènerais le coffre renfermant toutes les feuilles de la forêt ou que je porterais ma vie durant la honte de tout un pays pour avoir échoué à tresser une natte au serpent vert des grottes d’Abromar. Une nouvelle fois cependant le triomphe a embelli ma réputation, que l’on dit désormais reconnue par delà nos frontières Nord et Est.

 

J’approche maintenant du but et ceux dont je porte la confiance se rassemblent et dansent. Je comprends bien sûr, mais je redoute aussi cette réjouissance prématurée et la malchance qu’elle pourrait m’attirer. Il me reste à traverser le Zambèze à dos d’alligator à écailles de sirène. Puis, enfin, ce sera ce qu’aucun homme de notre temps n’a jamais encore imaginé. Je résiste à l’angoisse que cette pensée fait naître; chaque chose en son temps.

 

Voir l'origine des désirs théicoles sur Désirs Théicoles : Poésie et loufoquerie autour d’une tasse de thé

 

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Published by Tioufout - dans Désir Théicole
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commentaires

mentale 03/10/2010 21:00


Toutoune se remet de mieux en mieux, je suis contente!
mon coucou du jour, clicoucou


mama 01/10/2010 09:22


bravo pour ce texte


mentale 30/09/2010 21:34


clicoucou!


mentale 29/09/2010 21:20


clicoucou du mercredi


mentale 28/09/2010 21:05


clicoucou!
bise