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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 08:13

Aaaahhhhh ! Ce cri venu des profondeurs de mon être résonne longtemps dans cette sombre forêt où je me suis réfugié. Autour de mois règne le calme. La neige légèrement orangée sous l’éclat de la lune rousse ne porte aucune trace. Pas même les miennes. Comment suis-je arrivé sous ces hauts pins qui semblent frémir dans le froid vif ?

 

Je sens le souffle de la brise sur mon torse puis sur l’ensemble de mon corps. Ma nudité dans ces bois inconnus a quelque chose d’incongru. Je me sais frileux, je ne frissonne pourtant pas ; le dois-je à la toison qui me recouvre, moi qui, hier encore, portait une attention extrême à raser avec soin mes jambes de cycliste ? 

 

Je devrais me sentir étonné, surpris, voire effaré par cette inconcevable situation. Ma raison vacille et sombre mais laisse place entière à mes sens qui prennent le contrôle de mon corps. J’hume l’air et le découvre gorgé d’effluves animales ; une renarde en chaleur rode au loin, une odeur de charogne provient de l’est à moins d’un kilomètre probablement. Brusquement je reconnais un homme, une sueur âcre, cachée sous un mélange floral diffus.

 

Mon ventre soudain capte toute mon attention. Mes yeux se posent sur ma bouche. Ai-je déjà pu la contempler ailleurs que dans un miroir ? Avais-je cette dentition proéminente ? Je dois me mettre en chasse. J’ai une faim de loup.


Voir l'origine des désirs théicoles sur Désirs Théicoles : Poésie et loufoquerie autour d’une tasse de thé

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Published by Tioufout - dans Désir Théicole
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