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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 08:19

Longtemps je me suis levé tôt, persuadé que la fortune me sourirait. J’entreprenais les aventures les plus audacieuses afin de forcer le destin et de m’attirer les grâces divines ; Cependant, mon cœur seul se bonifiait en proportion des difficultés d’argent que je rencontrais, car de fortune, je n’en connus point.

 

Je devins, pour les autres, un homme sage, offrant l’apparent détachement des biens matériels, éduquant mes nombreux enfants dans le saint contentement du dénuement. Je demeurais malgré tout, au fond de moi, convaincu que le ciel m’aiderait si je m’aidais moi-même. Alors, fort de cette maxime, je dérobai le bien de mes contemporains, je chapardai dans les échoppes, je subtilisai les offrandes des pèlerins. Larcins de peu d’envergure, les efforts que je dépensais à m’enrichir immoralement, m’empêchaient d’entreprendre un commerce honorable et de faire tourner la roue de la fortune.

 

Le ciel ne m’aida pourtant pas. Je demeurais pauvre, inexorablement pauvre. L’abondance de biens ne me nuisait pas et l’odeur de l’argent ne dérangeait en rien mon nez plus habitué aux effluves du petit ruisseau qui charriait les eaux usées de la tannerie qu’au souffle pur du vent balayant les grandes rivières.

 

Je me sens vieux maintenant et quand je contemple ma vie, j’y vois une souffrance permanente, une jalousie constante des puissants, une aspiration maladive à posséder et à amasser. A courir après la fortune je m’y suis essoufflé et je ne laisserai à mes proches que le souvenir d’un éternel insatisfait qu’ils moqueront.

 

A votre bon cœur messieurs dames.


Voir l'origine des désirs théicoles sur Désirs Théicoles : Poésie et loufoquerie autour d’une tasse de thé

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Published by Tioufout - dans Désir Théicole
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