Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Langage Stéphanois

Archives

Pages

10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 08:47

Pierre-Edouard Pluket vécut à cheval sur les 18ième et 19ième siècles et fut, comme l’indique le titre du livre, un corsaire au service du royaume de France puis des gouvernements issus de la révolution française. Il fut aussi, et bien davantage, un marin qui commença moussaillon, pour terminer armateur en étant passé par divers commandements de bâtiments.

A la fin de sa vie, jouissant d’un repos que les mers du globe lui avaient rarement octroyé, Pluket décide de rédiger ses mémoires. La qualité de l’écriture surprend de la part d’une personne dont l’éducation scolaire fut mince. La masse de détails émaillant le récit constitue la deuxième étrangeté; il se peut simplement que le marin ait conservé tous ses carnets de voyages, mais cela surprend.

J’ai découvert ce roman, comme celui d’Alain Bombard, Naufragé volontaire, lors d’une animation sur la mer dans ma médiathèque. La couverture noire et blanche attira mon regard, le livre paraissait neuf, le titre portait des promesses de découvertes, de flibuste, de Pirate des Caraïbes, je le saisis.

Pluket nous raconte sa vie, depuis son enfance jusqu’à sa retraite. Nous parcourons avec lui les heures fastes de la marine à voile ; les routes maritimes soumises à la menace des corsaires et des flibustiers ; les batailles navales avec les Anglais et les plans pour échapper à leurs frégates ; les codes moraux des corsaires ; les geôles de la déjà perfide Albion et comment on s’en évade.

Nous apprenons combien le commerce florissait alors et combien il était risqué, soumis aux attaques, aux naufrages, aux cargaisons avariées. Pluket narre à l’envie le contenu des cales, les bénéfices et les pertes qu’il en tire. Il détaille ce qui plait aux colonies et ce qui se vend sur le continent ; ce qu’il charge à Bordeaux et décharge à Anvers ; ses rencontres avec le contre-amiral Vanstabel.

Nous partageons, le temps de quelques pages, la vie quotidienne des hommes qui naviguaient presque toute l’année, une famille à terre, sans voir grandir les enfants qui partiront à leur tour ; quand le marin ne revient pas, c’est qu’il est mort.

Nous traversons l’Atlantique pour les Etats-Unis où Pierre-Edouard Pluket rencontra Georges Washington et fut bien près de convoler avec une américaine.

Nous assistons, du point de vue des gens de mer, à la Révolution Française, au gouvernement qui n’honorait pas ses dettes, à l’instabilité de l’époque.

Ce roman foisonne. Si vous êtes intéressé par un des thèmes évoqués, hissez haut les voiles, accoudez-vous au bastingage et voguez avec Pluket et les mémoires d’un corsaire Dunkerquois pendant la révolution.
 
Cliquer ici pour consulter les autres livres / auteurs de ce blog.

Partager cet article

Repost 0
Published by Tioufout - dans Livres
commenter cet article

commentaires