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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 08:55

Enfin ! J’ai lu beaucoup de livres d’Amélie Nothomb et s’ils reposent souvent sur une idée originale et intéressante, ils me laissent souvent sur ma faim.

Alors, disons le tout de suite j’ai beaucoup aimé Acide Sulfurique. Amélie Nothomb y déploie son art du dialogue et décrit une réalité contemporaine qui mérite son questionnement.

Acide sulfurique décrit une émission de télé réalité, nommée Concentration, qui reprend les principes des camps de concentration Nazis. Les participants sont raflés dans les rues ; certains sont retenus pour devenir prisonniers, d’autres accèderont au rang peu enviable de kapos (ces surveillants des prisonniers des camps nazis recrutés parmi ces mêmes prisonniers). La mort devant les caméras attend les prisonniers, sans possibilité d’y échapper.

Dans ces conditions inhumaines, quelque chose va se nouer entre la kapo Zdéna et la prisonnière Panonnique. On admirera au passage qu’Amélie Nothomb poursuit brillamment sa création de noms originaux pour ses personnages.

Je ne vais pas déflorer le déroulement de l’histoire. Ce roman constitue l’évolution ultime de la télé-réalité qui déferle sur les chaînes de TV. Chacune plus violente, voyeuse, dérangeante ou trash que la précédente. C’est un peu comme si le téléspectateur s’étant habitué à un certain niveau de malsain, il lui en fallait plus pour attirer son attention et donc vendre la publicité que sous-tendent toutes ces émissions. Le parallèle n’est pas absurde avec des substances prohibées qui accoutument le malade qui en demande toujours plus pour assouvir ses pulsions ou ses besoins.

Dans Acide sulfurique, Amélie Nothomb pose aussi la question de la responsabilité première des producteurs et des téléspectateurs. C’est un truisme que d’affirmer que si les téléspectateurs ne regardaient pas une émission, cette dernière s’arrêterait. Mais cela suffit-il pour les rendre les seuls responsables des programmes télévisés malsains ? Sûrement pas. Celui qui diffuse un contenu (texte, image, émission) en est responsable ; plus le moyen de diffusion est massif, plus la responsabilité du contenu est grande.

Imaginez que je diffuse sur ce blog des messages racistes, pornographiques ou pédophiles. Qui serait le plus responsable, celui qui consommerait de façon volontaire ou passive ces messages où moi?

L’entame (qui est aussi la quatrième de couverture) de Acide Sulfurique est un modèle du genre que je vous fait partager : « Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus. Il leur en fallut le spectacle »

Voir aussi :
Le fait du prince - Amélie Nothomb
Attentat – Amélie Nothomb
Les combustibles – Amélie Nothomb

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Published by Tioufout - dans Livres
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