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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 08:50

Ma peau encore se souvient de cette ville dans l’étouffante moiteur des soirées aoutiennes. Aucun voile n’avait obscurcit le soleil depuis plus de quinze jours et les plantes racornissaient malgré les arrosages. Allongé nu sur les draps déjà humides je laissais la sueur suinter, conscient que le moindre mouvement pouvait réveiller ma compagne ; elle ne semblait pas souffrir et resplendissait dans la pâleur que distillait la fenêtre entrouverte.

 

La chaleur oppressante engageait mon esprit dans une bataille perdue d’avance entre la raison et le désespoir. Je pensais à ces heures diurnes s’écoulant dans la fadeur d’un travail dont je peinais à découvrir le sens et qui semblait s’entretenir pour l’unique besoin de sa survie. Utile ma vie ? A qui ? Je cherchais en vain ces petits signes, témoignages épars du bruit que mon absence provoquerait, des sentiments que ma disparition ferait poindre. 03:24. La nuit, habitée par le doute, berceau des idées sombres et de la tristesse. 05:48. La nuit donne corps aux angoisses.

 

La douce lumière de l’aube eût raison des derniers fils qui retenaient ma bien-aimée au royaume du sommeil. Elle pandicula comme un petit chat et je m’assis vivement sur le lit. Alors que je racontai les affres de ma nuit, le ton geignard prît bientôt les accents d’un chant désespéré. Partons implorai-je, partons loin d’ici ; partons retrouver la légèreté et la couleur. Quittons la futilité de cette existence, fuyons en ne laissant d’adresse qu’à quelques proches, vivons !

 

Dans ces montagnes de Darjeeling, nous goûtons désormais la fraicheur et la vivacité de l’air matinal, quand la brume nimbe encore les collines. Nos années de plomb pèsent toujours cependant que nous parcourons les jardins de thé, ondulant sous les doigts de cueilleuses agiles. Elles semblent bien se moquer des angoisses existentielles ; elles évoluent dans l’instant, confiantes dans la possibilité d’un meilleur lors d’une nouvelle réincarnation, transparentes comme l’eau de la mousson.

Voir l'origine des désirs théicoles sur Désirs Théicoles : Poésie et loufoquerie autour d’une tasse de thé

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Published by Tioufout - dans Désir Théicole
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commentaires

Punch-frappe 15/11/2011 17:06


Ah ! le thé!