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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 11:50

Je me nomme Gribouille et je réside à Grasse ; Depuis la publication du roman de Patrick Süβkind, j’essuie les quolibets et les sarcasmes des voisins, parfois même leurs menaces. Ma généalogie ne mentira pourtant pas : Pierre Gribouille je naquis, Pierre Gribouille je mourrai.

 

La semaine dernière, la Police m’a embarqué à l’heure du laitier. J’ai dû répondre à de multiples questions concernant le corps dévêtu et oint de graisse animale d’une jeune fille, découvert la veille près du château d’eau. La proximité de mon logis et la célébrité de mon nom avait semble-t-il réveillé les souvenirs d’un lettré de la Police et évoqué la possibilité séduisante, bien qu’improbable, d’une enquête vite résolue.

 

Malgré mes dénégations et l’absence de preuves, je demeure toujours suspect à un commissaire qui voudrait bien passer Noël en famille, l’esprit rasséréné, et déchirer le papier coloré enveloppant les flasques de parfum au pied d’un sapin venu du froid et dépourvu de senteur. Mais quel alibi pourrais-je donner, alors que je survis dans une cahute décrépite et sans chauffage ? Quel témoin pourrait venir aider l’ancien ‘nez’ de SARTOLE, S.A., jeté à la vindicte publique pour une affaire d’espionnage qui sentait plus le règlement de compte ? Aujourd’hui les effluves nauséabonds de la déchetterie toute proche ont remplacé les fragrances suaves que je mariais naguère avec créativité (Ephèle et sa bouteille damasquinée, rappelez-vous, c’est moi !).

                                                                                   

Si la Criminelle me file, elle me surprendra seulement à fouiller les poubelles de mon ancien employeur et à rapporter des bouts de papier, du verre cassé, des chiffons souvent, derrière l’odeur de nettoyant ménager desquels je perçois subrepticement le souvenir d’une senteur de jasmin indien, d’orchidée argentine ou de fleur vietnamienne. J’y enfouis ma tête et parfois, cela m’aide à m’endormir et à oublier ces matins où mes doigts sentent la graisse.


Voir l'origine des désirs théicoles sur  Désirs Théicoles : Poésie et loufoquerie autour d’une tasse de thé

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Published by Tioufout - dans Désir Théicole
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commentaires

panopteric 04/02/2009 00:58

oui, le mot, le goût, l'odeur, l'atmosphère: il y a tout du désir dans ces parfums ! pas si loufoque je trouve !