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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 17:00

Avec cette Histoire du Juif errant, Jean d’Ormesson, de l’Academie Française, a sans doute voulu écrire le livre final, qui embrasse tous les autres.

Le mythe du Juif errant prend son origine dans un cordonnier de Jérusalem, Ahasvérus, qui aurait refusé un verre d’eau au Christ sur son chemin de croix.  Jésus lui aurait répondu : « Je marche parce que je dois mourir. Toi, jusqu’à mon retour, tu marcheras sans mourir. ». Ainsi naît cette figure à la fois mythique et expiatoire du Juif errant.

Jean d’Ormesson tient là un sujet fantastique. Il fait narrer à ce Juif errant les principales aventures qu’il a vécues durant ses deux mille ans où il arpenta la planète. D’Ormesson revisite ainsi les principaux moments de l’histoire du monde. Sous divers noms, par exemple Cartaphilus, Giovanni Buttadeo, Isaac laquedem, Hiuan-Tsang , Démétrios, Omar Ibn Battuta ou Simon Füssgänger son héros participe notamment à la découverte de l’Amérique, aux raids Vikings, à la libération des otages de l’avion d’Air-France à Entebbe par les services secrets israéliens tel un Deus ex machina.

Il contemple ou provoque l’incendie de Rome sous Néron et Poppée, la défaite d’Alaric, le suicide collectif des juifs à Massada (mais pas le sien puisqu’il ne peut pas mourir !), l’exploration de l’Asie, la découverte du zéro par les Indiens, ; il est partout ou il se passe quelque chose qui compte à l’échelle de l’Histoire.

Le style de ce livre est à l’image de son auteur, fluide et brillante mais sans être chichiteuse. D’Omesson noie son lecteur sous les flots de son érudition, parfois d’autant plus fastidieuse qu’elle dépasse, et de loin, les connaissances de la plupart d’entre nous et parfois inutilement pénible lorsqu’elle concerne le vicomte René de Chateaubriand et M. et Mme de Noailles : D’Ormesson vénère l’auteur des Mémoires d’outre tombe sans imaginer semble-t-il qu’on ne puisse en ressentir que de l’indifférence.

Cependant, Jean d’Ormesson, oublie, probablement à dessein, l’histoire contemporaine.  Les guerres récentes sont, par exemple, singulièrement absentes ; Le juif errant aurait-il survécu aux camps de la mort nazis, à Hiroshima ? La révolution industrielle, la course aux armements, la guerre froide, bref tout ce qui témoigne de la barbarie de notre temps et de la stagnation, pour le moins, de la civilisation n’apparaît pas.

Deux mille ans d’histoire, un sujet à la mesure de Jean d’Ormesson. Un beau moment de plaisir malgré quelques longueurs.

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Published by Tioufout - dans Livres
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Géraldine 28/01/2009 11:12

Voilà bien longtemps que je n'ai plus lu de livre de ce grand Monsieur que d'adore et qui captive tant. Ce livre vient de rejoindre ma LAL !

Tioufout 27/01/2009 20:54

Je ne me souvenais pas de cette chanson. POur moi, malgré ses années à la tête du Figaro, j'associe d'Ormesson à une certaine préciosité, une érudition plus qu'à une conscience politique.

Claudia 27/01/2009 14:50

Quand je vois D'Ormesson, je ne peux oublier la phrase de Jean Ferra: " Ha ! M. D'ormesson, vous osez déclarer qu'un air de liberté flottait sur Saigon...."
Claudia