Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Langage Stéphanois

Archives

Pages

30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 16:17

Le phénomène se répète à chaque rentrée littéraire, alors que les salles de classes se remplissent Amélie Nothomb publie son nouvel opus. Chaque année, comme pour le Beaujolais nouveau, il y a les fans, impatients, les amateurs, curieux, les snobs, enthousiastes, et la grande majorité qui demande à être convaincue.
 

 Cette année, c'est avec Le fait du prince qu'Amélie Nothomb a rempli les devantures des librairies. Pourtant comme pour le Beaujolais nouveau, si je ne peux m'empêcher de louer la récurrence de l'évènement, son parfait agencement marketing et son accessibilité, je ne peux que regretter l'absence de profondeur et de complexité du produit.

Le fait du prince est un petit opuscule, qu'une ou deux soirées suffisent à parcourir. L'idée de départ est comme souvent chez Amélie Nothomb, originale: Un inconnu meurt chez Baptiste Bordave qui décide d'en prendre l'identité. Il devient ainsi Olaf Sildur en se coulant dans sa vie avec une stupéfiante facilité, dégustant maintes bouteilles de champagne avec sa veuve et régnant sur les biens de la victime.

En ces temps de crise financière la morale de l'histoire ne manque pas d'à propos puisqu'elle affirme que ceux qui possèdent de l'argent et du pouvoir, accèdent à de nouveaux privilèges et des prêts du fait de leur statut et non de leur valeur humaine ni de celle de leurs projets, de part donc le simple fait du prince.

Amélie Nothomb, une fois de plus, démontre sa maîtrise des dialogues qui constituent l'essentiel de l'ouvrage. Cependant, l'originalité de l'idée initiale se transforme assez vite en répétition monotone, et les espoirs conçus dans les premières pages sont déçus. Quant à la fin, je me demande si son seul intérêt n'est pas de justifier le titre du roman. Il est vraiment dommage qu'une fois encore Amélie Nothomb cède à la facilité et bâcle la conclusion du livre. En cela elle fait parfois penser à Jean-Christophe Grangé dont les intrigues brillent mais dont les épilogues simplistes ternissent tout le roman.

Le fait du prince n'est pas un mauvais livre; j'ai passé un agréable moment en sa compagnie, mais j'en suis ressorti frustré par sa superficialité. Comme le Beaujolais nouveau.

Voir aussi :
Les combustibles – Amélie Nothomb
Attentat – Amélie Nothomb
Acide sulfurique – Amélie Nothomb

Partager cet article

Repost 0
Published by tioufout - dans Livres
commenter cet article

commentaires

Géraldine 12/01/2009 15:15

Je n'ai pas encore lu celui là, toute fan d Nothomb que je suis, j'attends tout de même que ses livres sortent en poche !