Mercredi 23 février 2011 3 23 /02 /Fév /2011 08:23

Garat-anne-marie-on-ne-peut-pas-continuer-comme-ca.jpg Voici un petit opuscule ! Un homme, dans la forêt des Landes (d’où la couleur verte de la couverture ?), découvre une station service à vendre. Son couple est en difficulté et cette bâtisse abandonnée éveille des envies d’ailleurs, de réalisation, de nouvelle vie. Jo, le propriétaire, qui semble y vivre dans un dénuement extrême, le pousse à ne pas procrastiner, l’incite à poursuivre son rêve. Il lui fait même découvrir, dans les bois environnant, un merveilleux vallon dans lequel un chevreuil se promène. Le rêve, bien sûr, prendra une couleur plus sombre et le héros repartira comme il était venu.

 

Ce livre nous parle de nos envies, de la fuite d’un quotidien routinier, de la volonté de s’échapper de sa solitude, de son destin parfois. Le héros, que l’on perçoit citadin, hume les odeurs de la forêt et s’y sent bien. Jo ressemble à un gourou, à un passeur, à un Charon entre la réalité souvent terne et les envies. Jo est la facette que chacun aime à se découvrir dans le miroir, derrière le visage sur lequel les années et les renoncements ont laissé les marques de notre faiblesse.

 

Un petit livre, une nouvelle plutôt, qui en dit plus que nombre de gros romans.
 

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Par Tioufout - Publié dans : Livres - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 08:35

Incendies-Denis-Villeneuve.jpg Réalisé par Denis Villeneuve en 2011 avec Rémy Girard, Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin, etc.

 

Dans son testament, Nawal Marwan demande à ses jumeaux Jeanne et Simon de retrouver leur père et leur frère, dont l’existence leur était inconnue, et de leur remettre à chacun une enveloppe. Alors que Simon demeure dans le rejet de la vie de sa mère, Jeanne s’envole pour le Moyen Orient et part sur les traces de ces deux hommes.

 

Dans une enquête qui mêle la recherche de Jeanne et des retours en arrière sur la vie de sa mère, dans un pays ravagé par la guerre entre les factions chrétiennes et musulmanes, le film entremêle de magnifiques séquences dans les paysages désertiques ou dans les villages aux murs blancs et les scènes dont la violence doit à peine rendre compte de la réalité du conflit.

 

Le Liban n’est jamais mentionné mais la guerre entre les communautés religieuses qui longtemps ensanglanta le pays, dans une incessante suite de massacres et de représailles, sourd de chaque image. En n’explicitant pas le conflit, le réalisateur le rend universel et donne à réfléchir sur l’absurdité de ces guerres de territoires, de pouvoir souvent basées sur une appartenance ethnique ou religieuse. Il faudra bien un jour s’interroger lucidement sur le rôle de la religion dans le développement de l’Homme, à la fois éclairante et massacrante.

 

Dans ce voyage initiatique, le réalisateur aborde avec force des thèmes intemporels et peut s’appuyer sur deux actrices formidables. Dommage cependant que la fin tende au grandguignolesque et affaiblisse le propos du film. A moins que Denis Villeneuve n’ait voulu nous donner à voir une version moderne d’une tragédie grecque : car l’intrigue en a tous les ingrédients. L’archétype de la tragédie grecque est Antigone de Sophocle : Œdipe tue Laïos, son père, épouse Jocaste sa mère, et donne naissance avec elle à quatre enfants. 2500 ans après Sophocle, la tragédie grecque a donc encore de beaux jours devant elle.

 

Par Tioufout - Publié dans : Cinema - Communauté : Cinéma
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Vendredi 18 février 2011 5 18 /02 /Fév /2011 08:19

Hesse thierry demon editions de l'olivier Comment moururent Franz et Elena, les grands-parents paternels de Pierre, le narrateur du roman ? Journaliste, grand reporter, Pierre arpente le globe, principalement les régions de conflits (Sierra Leone, Liberia) ou celles frappées par les inondations. Il va partir en Tchétchénie, tenter de retrouver ce qu’ont pu ressentir ses ancêtres.

 

Lev Rotko, le père de Pierre, juif russe ayant fuit l’Ukraine juste avant la mort de Staline, était encore un enfant lorsque ses parents le confièrent à une famille amie, sentant leur vie en danger face à l’avancée des nazis. Marié à une Française, Lev coula une chape de plomb sur son enfance et sa famille. Dix jours avant de se suicider, il se confie à Pierre et lui raconte l’histoire de cette période troublée.

 

Les révélations de son père sont un électrochoc et le narrateur part à la recherche de son démon, de cette part d’incertitude qui hante sa vie. Sa passion pour les inondations ne serait-elle pas issue de la même quête : découvrir comment réagissent les gens lorsque leur vie sont balayées par les éléments ?

 

Le roman possède un souffle qui nous entraîne dans l’histoire de ces 60 dernières années. Je n’ai pu m’empêcher de penser à Zone de Matthias Enard ; mais là où se dernier étalait son érudition d’une seule traite avec un style taillé pour les prix littéraires, Thierry Hesse nous offre un ensemble de petites histoires, non dénuées de réflexions.

 

On y côtoie, par exemple, les juifs d’Ukraine avant les Einsatzgruppen, la mort de Staline, l’organisation locale du parti Communiste, l’attaque des tours jumelles le 11 septembre 2001 et la prise d’otages par des tchétchènes dans un théâtre de Moscou. Pierre entrevoit dans le conflit en Tchétchénie une similarité avec ce que Franz et Elena ont du vivre. Un peuple sous le joug d’un autre, les bombardements aveugles des autorités russes, le fatalisme des habitants.

 

Je vous recommande chaudement ce livre.

 

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Par Tioufout - Publié dans : Livres - Communauté : Mes livres préférés
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Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 08:26

Le dictionnaire Gaga est désormais disponible pour la lettre O : De s'oublier à ollagne, voici quelques nouveaux mots du langage stéphanois.



La langue est vivante. Ce dictionnaire est le fruit de ma mémoire. Vos commentaires et vos propositions d'autres mots sont les bienvenus.

Par Tioufout - Publié dans : Gaga - Communauté : Saint-Etienne
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Lundi 14 février 2011 1 14 /02 /Fév /2011 08:32

Michel-houellebecq-la-carte-et-le-territoire.gif Prix Goncourt 2010, critiques dithyrambiques –ce qui est rare pour cet auteur- il ne fallait plus qu’un blogueur et lecteur émérite me le prête pour que je me fasse une opinion.

 

Ce livre foisonne de thèmes et de réflexions. J’en ai perçu certaines en ‘temps-réel’ pendant la lecture, mais c’est en essayant d’en faire un résumé pour cet article que cela me frappe.

 

Jed Martin est un artiste, il y a quelques années il a réalisé une série de photographies de cartes Michelin en travaillant l’éclairage et l’angle de prise de vue ; L’occasion lui a été alors donnée de rencontrer Olga Sheremoyova, jeune Russe responsable d’une partie de la communication de la firme de Clermont-Ferrand, dont il tombe amoureux.

 

Pour sa deuxième exposition, il traîne sa trentaine et sa solitude au milieu de ses toiles qui représentent les métiers d’aujourd’hui (du patron de café à Steve Jobs et Bill Gates discutant du futur de l’informatique en passant par Damien Hirst et Jeff Koons se partageant le marché de l’art. Le succès considérable le met à l’abri de tout problème d’argent. Michel Houellebecq, personnage à part entière du roman, porte-il quelque part de la réussite, grâce à la rédaction du catalogue de l’exposition ? En tout cas, Frédéric Beigbeder, en présentant l’auteur de Plateforme à Jed Martin a permis l’émergence d’une sorte d’amitié entre deux hommes qui se révèlent assez proche. Le commissaire Jasselin sera bien heureux que Jed Martin l’aide à progresser dans son enquête en reconnaissant dans l’atrocité du crime commis et de sa mise en scène une œuvre graphique !

 

La carte serait-elle plus intéressante que le territoire, ie la représentation du réel apporterait-elle davantage de sens que le réel lui-même ? Voici un des nombreux thèmes développés dans ce roman dont la richesse m’apparaît encore plus clairement en feuilletant de nouveau le livre. Que devient un territoire, notamment rural, dans lequel les étrangers et les citadins s’établissent et y implantent les traditions que les autochtones avaient laissé filer : un musée ? Le coming-out de Jean-Pierre Pernaut (le héraut de la télé de proximité qui pourrait passer aujourd’hui pour la représentation ‘officielle’ de la réalité du territoire) et sa fête de nouvel an qui symbolise une société française figée dans ses régions est un moment délectable.

 

Que représente la crémation dans la perspective de l’importance de l’Humain ? Le marché de l’art est-il aussi médiocre et vulgaire que l’argent qui y circule ? Le petit chien, Michou, né sans possibilité de se reproduire est-il un avatar de l’auteur des Particules élémentaires ? La gastronomie doit-elle perdre son âme pour conquérir des marchés ou porter haut les traditions et sincérité d’un terroir ? Quel sentiment envahit le lecteur face aux nombreuses marques qui sont citées dans le roman et en quoi ce sentiment se heurte-t-il à ce que nous ressentons face à leur envahissement de notre champ quotidien ? L’architecture porte-t-elle une vision politique, que sont les utopies devenues ?

 

Un roman intéressant (parfois un peu facile dans sa mise en scène de personnages existant), avec du fond et qui méritera, dans quelques années, une relecture.

 

 

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Par Tioufout - Publié dans : Livres - Communauté : Litterature
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Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 08:38

J'ai mal, oui j'ai mal à ma retraite de libéral!

 

Stop à cette publicité débile qui envahit les ondes matinales de France Inter! Que le CIC (sic) aille se faire entendre ailleurs!

 

Voilà, c'est dit!

 

 

 

Par Tioufout - Publié dans : Actualités - Communauté : papierlibre
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Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 08:28

Laurent-Binet---HHhH.jpg Etonnant roman que nous offre Laurent Binet et pas seulement par la grâce de son très original et attractif titre.

 

27 Mai 1942, à Prague, un Tchèque et un Slovaque commettent un attentat contre l’Obergruppenführer Reinhard Heydrich, qui succombera peu après de ses blessures. Cet Heydrich n’est pas un simple dignitaire nazi ; il dirige le Protectorat de Tchéquie annexé par l’Allemagne où il a violemment maté la résistance ; il dirie surtout les Services de Renseignements et la Gestapo ; il est le n°2 des SS (Schutz Staffel) derrière Himmler ; il a enfin conçu la Solution Finale pour l’anéantissement du peuple Juif. Heydrich a été nommé tour à tour « La bête blonde », « le bourreau de Prague », « l’homme le plus dangereux du III Reich » ou HHhH qui signifie Himmlers Hirn heiβt Heydrich : le cerveau d’Himmler se nomme Heydrich.

 

La mission Anthropoïde, que réussissent Gabčik et Kubiš, provoquera l’ire des nazis qui dans un déchaînement de violence se vengeront par des milliers d’exécutions et raseront le village de Lidice. La destruction de ce village cimentera, plus que toute autre horreur, l’opinion mondiale contre le régime nazi.

 

Laurent Binet décrit l’ascension de Heydrich aux plus hauts grades des SS dans le contexte général de l’accession au pouvoir d’Hitler et de la mise en marche de la machine de guerre ; il raconte l’enrôlement des deux hommes qui seront parachutés sur leur territoire natal pour assassiner Heydrich. La surprise du livre réside dans sa structure narrative et dans le style. On est loin des biographies empesées et exhaustives, loin des romans historiques qui inventent les trous que les preuves ne remplissent pas.

 

En plus de 250 courts chapitres, vifs et précis, la vie d’Heydrich et les abominations du régime se mettent en place. L’auteur s’interroge souvent sur ce qu’il peut dire, sur ce qu’il imagine et sur ce qui est avéré, sur le besoin d’apporter des éléments romancés là où l’énorme monceau de faits suffit à dépeindre l’homme et ses atrocités. Ecrit parfois comme on parle (retour en arrière, interrogation sur ce qui a été écrit le chapitre précédent pour le corriger), le livre ne manque pas parfois d’un humour cynique. Le tout donne un livre intéressant, facile à lire et d’une belle inventivité stylistique. Comme une sorte de contrepoint aux atrocités qui sont décrites.

 

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Par Tioufout - Publié dans : Livres - Communauté : Salon Lecture
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Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 08:30

Philip Roth exit ghost Zuckerman, un écrivain connu vit depuis de nombreuses années à l’écart du monde, dans un coin reculé du Massachusetts. Il revient à New York  pour traiter un problème d’incontinence urinaire consécutive à l’ablation de sa prostate cancéreuse. Il croise à la sortie de l’hôpital la dernière maîtresse d’un auteur (E.I. Lonoff) décédé et oublié de tous mais auquel il voue une admiration sans borne et qu’il a eu le privilège de côtoyer un temps.

 

Mû par l’espoir de guérir, Zuckerman en vient à vouloir échanger sa maison à la campagne contre un appartement dans la Grosse Pomme. La femme du couple qui veut fuir cette ville considérée comme le diable par les islamistes, Jamie, réveille dans le vieil écrivain des pulsions de vies des envies sexuelles qui l’avaient quitté depuis fort longtemps. Ce couple va également le mettre en relation avec un jeune homme qui veut écrire la biographie de Leonoff et révéler au public un secret de famille.

 

Ce roman traite de la vieillesse, du renoncement, de l’inspiration littéraire et de la mise en mots d’une réalité que chacun voit de son prisme, de la biographie qui déforme autant qu’elle découvre. Les critiques ont salué ce livre avec enthousiasme. Pour ma part, je me suis ennuyé, beaucoup ennuyé. Ce n’est pas le niveau d’anglais qui l’a rendu difficile à lire, la langue originale me tire plutôt les livres vers le haut. Je n’ai pas accroché à l’histoire, je ne suis pas rentré dans le livre. J’ai finit par lire en diagonale les derniers chapitres tellement le livre me tombait des mains.

 

Je ne saurai prétendre vous déconseiller, amis lecteurs, ce livre. A chacun de se faire sa propre opinion. Je partage simplement avec vous que je ne l’ai pas apprécié du tout.

 

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Par Tioufout - Publié dans : Livres - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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